"La souffrance ne doit pas devenir un outil pour des likes": la diffusion des images de l'accident de téléphérique indigne en Italie

Plusieurs personnalités du monde politique et judiciaire se sont indignées. Le président de la chaîne publique qui les a partagées en premier les a rejoints.

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© AP

Ce mercredi 16 juin, la télévision publique italienne Rai 3 diffusait les images de l'accident en flouttant la cabine. Sur ces enregistrements des caméras de surveillance on voit la cabine du téléphérique arriver au sommet avant de redescendre soudainement le long du câble et tomber dans le vide, au niveau d'un pylône. Les médias italiens les ont ensuite reprises en entièreté ou en partie.

Depuis lors la chaîne de télévision publique fait face à de sévères critiques. La procureur Olimpia Bossi, chargée de l'enquête, a indiqué dans un communiqué que " même si dans ce cas les suspects étaient conscients de l'existence de la vidéo, les proches n'avaient pas été informés et la diffusion de la vidéo était interdite". Elle a dès lors condamné cette décision en soulignant que "la souffrance des familles des victimes ne pouvait pas et ne devait pas être davantage exacerbée par des initiaives de la sorte".

L'autorité italienne de protection des données a demandé aux médias et aux utilisateurs des réseaux sociaux de ne pas partager les images afin que "la souffrance ne devienne pas un outil pour des likes".

Le président de la Rai, Marcello Foa, a tenu à s'exprimer également. "J’ai toujours respecté les choix éditoriaux des réalisateurs et je me suis toujours abstenu de les commenter publiquement, mais en tant que président de la Rai dans ce cas, je ne peux pas rester silencieux", a-t-il annoncé avant de poursuivre selon le quotidien IL Fatto Quotidiano, "C’est un devoir pour la fonction publique, dans des circonstances comme celle-ci, d’évaluer soigneusement toutes les implications, à commencer par les implications éthiques et le respect des victimes et de leurs familles".

Différentes figures politiques se sont également indignées. "La mise en scène de la mort n'a rien à voir avec le droit de la presse", a déclaré Laura Garavini (Italia Viva-Psi), selon le site Avvenire.it.

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