Bureaux fermés, bulletins manquants : du Nord au Sud de la France, des couacs dans l'organisation des élections

Bureaux de vote fermés dimanche matin à Marseille faute d'assesseurs, bulletins manquants près de Maubeuge (Nord): le premier tour des élections régionales et départementales a été marqué par plusieurs ratés dimanche.

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© MAXPPP

A Marseille, les électeurs de 34 bureaux -selon la préfecture- ont trouvé porte close à 08H00 dimanche. Une dizaine de bureaux n'a pu ouvrir qu'à 11H00, selon la mairie.

Une électrice du XIe arrondissement, Béatrice Reinische, a fait part à l'AFP de son désarroi. "A 09H00, dans mon quartier de la Valentine, il y avait un attroupement devant le bureau, le vigile nous a dit que c'était fermé, qu'il fallait repartir, sans plus d'info".

"Mon fils de 18 ans votait pour la première fois, mais il a dû partir loin de Marseille pour la fête des pères, il ne reviendra pas voter plus tard, c'est une atteinte à nos droits!", a dénoncé cette électrice.

Contactée par l'AFP, la direction générale des services de la mairie de Marseille a expliqué avoir été confrontée à "un problème de mobilisation des assesseurs: sur 481 bureaux, 40 présidents ne sont pas venus récupérer leur sacoche samedi".

La mairie a procédé à des réquisitions, parmi des fonctionnaires, mais sur les 40 présidents réquisitionnés, 20 manquaient à l'appel.

L'opposition de droite à la mairie de gauche a jugé "absolument inacceptable de constater cette désorganisation qui aura sans doute un véritable impact sur le libre choix des électeurs et favorisera l'abstention", dénonçant "au mieux une faute grave, au pire, une tentative de tripatouillage électoral".

Le député de Marseille Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) s'est indigné sur Twitter, faisant référence à l'absence d'accord entre son mouvement et les autres partis de gauche: "À #Marseille l'union de la gôche (sic)plus efficace pour ostraciser LFI que pour organiser la démocratie: 34 bureaux de vote fermés! La honte. Que vaut une telle élection?".

"Nous regrettons que des Marseillaises et des Marseillais aient eu à patienter ce matin afin de pouvoir voter", a écrit la coalition de gauche du Printemps marseillais, qui dirige la ville, dans un communiqué, fustigeant "l'attitude de la droite locale sur les réseaux sociaux et les médias visant à faire enfler une polémique".

Des bulletins manquants 

La pénurie d'assesseurs a été constatée dans d'autres régions françaises: le premier adjoint au maire de Saint-Etienne (Loire), Gilles Artigues (UDI) a témoigné que "les habituels assesseurs militants étaient cette année en nombre insuffisants".

Grâce à une mobilisation par affichage et par SMS, une soixantaine d'assesseurs ont été recrutés, sans qui "nous ne serions pas arrivés à tenir tous les bureaux ouverts de 08H00 à 20H00".

Un problème qui risque de s'accentuer au second tour, estime le cabinet du maire LR: "Cela sera encore plus compliqué (...) pour mobiliser les assesseurs dont les candidats ne seront pas qualifiés dimanche prochain".

A Cousolre (Nord), c'est un autre problème qui a été soulevé: "Nous avons constaté qu'il n'y avait pas de bulletin pour la liste d'union de la gauche et des écologistes", a déclaré à l'AFP Benjamin Saint-Huile, maire socialiste de la commune voisine de Jeumont et président de l'agglomération de Maubeuge, lui-même en troisième position sur cette liste.

Très surpris que le Garde des Sceaux, qui a voté dans cette commune, n'ait pas relevé cette erreur, l'élu estime que "si sur les quatre premières heures de vote aucun électeur n'a pu choisir ce bulletin, cela pose la question de la sincérité du scrutin".

La participation au premier tour des élections régionales et départementales s'est établie à 12,22% dimanche à la mi-journée en France métropolitaine, en baisse par rapport aux régionales de décembre 2015 (16,27%) et aux départementales de mars 2015 (17,97%).

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