Droits LGBT en Hongrie: Macron appelle les Européens à réfléchir à une riposte

"Nous Européens, devons nous poser des questions sur nous-mêmes" et déterminer "comment combattre" la dérive illibérale dans certaines sociétés post-communistes, a affirmé vendredi le président français Emmanuel Macron, à propos d'une loi hongroise jugée homophobe, tout en reconnaissant la difficulté pour l'Europe de répondre rapidement.

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AFP

La législation hongroise controversée a suscité un débat d'une virulence inhabituelle lors d'un sommet des Vingt-Sept à Bruxelles, selon des participants. Cette loi a conduit 17 pays membres, dont les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, très en verve sur le sujet), la France et l'Allemagne, à interpeller dans une lettre les dirigeants de l'UE sur la nécessité de faire respecter les valeurs européennes.

Tout en excluant toute procédure d'exclusion ou de sanction financière contre la Hongrie, le président français a estimé, lors d'une conférence de presse, que la seule réponse à court terme était de "soutenir la procédure engagée par la Commission européenne, même si elle est lente, et de renforcer notre position dans l'opinion publique et les médias".

Pour lui, cette question des valeurs est pour l'Europe "existentielle, principielle".

"Quelle crédibilité aurions-nous si nous acceptions que ces valeurs soient sapées en notre sein ? Comment dire alors à des Albanais, à des Serbes, 'faites des efforts sur l'État de droit' pour entrer dans l'UE?", s'est-il écrié.

"Il y a une montée de l'illibéralisme dans les sociétés post-communistes" , qui "sape ce qui a construit le cœur des démocraties libérales occidentales", a-t-il jugé, craignant de les voir attirées par des modèles russes ou chinois.

"C'est la tendance profonde de ces sociétés, pas de quelques dirigeants, il serait trop facile de pointer un dirigeant. Nous devons réfléchir à comment ces peuples en arrivent là".

"Ça n'est pas un problème Viktor Orban (le Premier ministre hongrois, ndlr), ce n'est pas vrai", a-t-il poursuivi, en appelant à être "dur avec les dirigeants et convaincant avec les peuples".

"On doit réengager un travail avec les intellectuels des sociétés civiles, être plus présent dans la presse de ces pays, mieux soutenir ceux qui défendent les idées européennes, nous avons besoin d'une stratégie en la matière", a-t-il plaidé.

"Il faut un débat en profondeur, c'est un sujet qui doit sortir dans la Convention sur l'avenir de l'Europe", a-t-il souhaité.

La loi hongroise mise en cause par l'UE prévoit que "la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l'identité de genre, le changement de sexe et l'homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans".

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