Au congrès du RN, les militants croient "au rebond" de Marine Le Pen

Marine Le Pen "est loin d'être enterrée": Marie-Christine Duriez est déçue de la forte abstention qui a pénalisé le RN aux régionales mais elle croit au "rebond" et n'émet aucun doute sur la ligne de la candidate à l'Elysée qui tient son congrès samedi et dimanche à Perpignan.

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"Les Français râlent tout le temps mais ils ne vont pas voter" se désole la retraitée venue d'Hénin-Beaumont, mère d'un haut cadre du RN, en attendant devant la mairie de Perpignan où Marine Le Pen est venue rencontrer --pendant plus d'une heure-- l'hôte des lieux Louis Aliot.

"Il y a des déçus qui ne sont pas élus, mais ils sont venus" au congrès "c'est pas ce qui change leur idéal", fait-elle valoir.

Au moins on avait une liste "seuls contre tous, sans faire d'alliances contre nature", ajoute l'ancienne secrétaire, fille de mineurs.

L'élue régionale accuse "surtout l'abstention" dans le recul d'environ 20% du RN aux régionales. C'est la faute à la "fête des pères, au beau temps et au manque de motivation", abonde à ses côtés sa soeur Marie-Claire, conseillère municipale.

Mais Marie-Christine ne remet pas en cause la ligne de "normalisation". "Marine Le Pen se modernise, c'est normal" et elle croit à sa candidature en 2022. "On nous a enterrés au moins cinq fois mais à chaque fois on a rebondi", plaide-t-elle.

"J'y crois toujours"

L'échec, le plus cuisant du parti, celui de Sébastien Chenu dans les Hauts-de-France, c'est parce que "les gens ne savent pas qui c'est. Il y a cinq ans, c'était Marine", dit Marie-Christine.

"J'y crois toujours, c'est pas parce qu'il y a eu cet échec", témoigne Chantal Alex, 63 ans, à l'arrière de la mairie, mais elle "espère que les Français vont se réveiller à la présidentielle, sinon on est mort".

Candidate perdante aux départementales dans les Bouches-du-Rhône, elle vient au congrès pour "en savoir un peu plus".

Entrée au FN (devenu RN) du temps de Jean-Marie Le Pen, elle se demande si "Marine Le Pen a voulu trop +délepéniser+ le parti ou si c'est à cause de l'abstention" mais elle restera "fidèle et votera toujours pour Marine".

Même si elle aimerait "qu'il y ait une alliance entre elle et (le polémiste) Eric Zemmour", qui pourrait se présenter en 2022.

Electrice mais pas militante, Janine, âgée de 56 ans, tient son téléphone pour ne pas manquer la sortie de la cheffe du RN. "Elle a beaucoup d'avenir, car il y a beaucoup d'insécurité", dit cette habitante de Perpignan dans un quartier pourtant "tranquille". "Si elle ne passe pas, on va vers la guerre civile", prévient-elle.

Remobilisation

Battu de 2.000 voix aux départementales dans le Var, Marc-Antoine Ponelle travaille en alternance à la mairie RN de Fréjus (Var). Ce jeune militant de 25 ans compte sur le "programme présidentiel" pour "repartir sur une bonne base".

Il accuse "la désorganisation" du scrutin pour lequel il n'a pas reçu les professions de foi et souhaite que le parti "travaille l'implantation qui nous a fait défaut".

Mais il reste "optimiste" et juge que c'est un "bon signal" que l'électorat en Paca du candidat ex-LR Thierry Mariani "ne soit pas le nôtre" pour ouvrir le parti.

Quant à Marine Le Pen, qui sera réélue dimanche, "il n'y a pas de débats sur sa candidature" en 2022, vu "son parcours depuis 2017. Elle a fait beaucoup de ralliements et a ramené des victoires, aux européennes et à Perpignan".

Dans une rue avoisinante, le conseiller régional de Paca Amaury Navarranne assure que les congressistes vont discuter "de la stratégie électorale et comment parler aux électeurs".

"On n'a pas transformé l'essai au niveau de la région. Mais on a fini par prouver que la remobilisation électorale se fait à chaque fois", assure-t-il.

"La dynamique de la présidentielle sera radicalement différente", veut croire son voisin, l'adjoint de Louis Aliot, Xavier Baudry.

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