Bulgarie : le chanteur antisystème Trifonov veut former un gouvernement minoritaire

Bulgarie En tête des législatives de dimanche, mais avec moins d’un quart des voix, il ne veut pas d’alliance.

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Le chanteur antisystème bulgare Slave Trifonov a revendiqué lundi le droit de former un gouvernement, prenant de court les autres formations qui contestaient l’ancien Premier ministre Boïko Borissov, défait dimanche aux urnes. Placé en tête avec 23,91 % des voix contre 23,69 % pour M. Borissov, il a dévoilé l’équipe qu’il souhaiterait porter au pouvoir, avant même d’avoir été invité par le président à chercher une majorité parlementaire. M. Trifonov, qui souffre de problèmes de santé, a précisé ne pas vouloir devenir Premier ministre, déléguant la fonction à un ancien ministre, Nikolay Vasilev, qui serait épaulé par des "experts", parmi lesquels de nombreux jeunes et des femmes.

Son parti, "Il y a un tel peuple" (ITP), avait émergé comme une force politique majeure aux précédentes législatives d’avril. Mais faute d’entente entre les principaux protagonistes, les Bulgares ont dû revoter. "Nous n’entrerons en coalition avec aucun parti", a déclaré lundi M. Trifonov sur sa chaîne de télévision. L’animateur et chanteur de 54 ans a martelé sa volonté de rompre avec des pratiques qualifiées "d’immorales et indignes".

Mais contre toute attente, il "a placé devant le fait accompli" deux partis anti-corruption, "Bulgarie démocratique" (droite, 13 %) et "Debout ! Mafia dehors" (gauche, 5 %), qui s’attendaient à des négociations, relève Parvan Simeonov, de l’institut Gallup International. S’ils ne soutiennent pas son exécutif minoritaire au Parlement, alors il "leur fera porter la faute", analyse-t-il, rappelant que ces deux formations, contrairement à ITP, étaient impliquées dans les manifestations de l’été 2020. "L’annonce à la télévision de décisions prises par une seule personne n’est pas de la démocratie", a réagi Nikolay Hadjiguenov, coprésident de "Debout ! Mafia dehors", jugeant "réaliste" le scénario d’une troisième élection. La tentative de Slave Trifonov est accueillie avec scepticisme. "Avec moins d’un quart des voix" et une abstention record - seulement 40 % des Bulgares ont voté - il "demande carte blanche pour gouverner le pays", s’étonne Daniel Smilov, politologue du Centre de stratégies libérales, cité par les médias locaux, qui juge son programme peu solide. (AFP)

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