Plan climat de l'UE : "Un grand pas en avant, mais encore beaucoup de travail avant un accord"

Charles Michel est satisfait des annonces faites par la Commission ce mercredi. D'autres réactions n'ont pas tardé.

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Belga

Le paquet de propositions présenté mercredi par la Commission européenne pour réduire d'au moins 55% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 (par rapport à 1990) constitue "un grand pas en avant" vers la neutralité carbone en 2050, a salué le président du Conseil européen, Charles Michel. Mais il reste "beaucoup de travail pour trouver un accord", a ajouté le Belge, qui avait ferraillé longuement en décembre dernier pour aligner les vingt-sept États membres sur ces objectifs, sans lever toutes les réticences (de la Pologne surtout).

Le président du Conseil présente avant tout la "transition verte" comme une opportunité de croissance et de compétitivité, mais qui ne doit pas oublier l'aspect social: "une transition équitable ne peut fonctionner que si personne n'est laissé de côté", a-t-il indiqué.

Les propositions de la Commission seront débattues au Conseil, mais aussi au Parlement européen, tous deux devant au final s'accorder pour donner leur feu vert. Le président de l'assemblée, David Sassoli, a dès lors souhaité la bienvenue au paquet présenté par la Commission.

"L'UE a prouvé qu'il est possible de réduire les émissions tout en créant de la croissance et des emplois. Continuons sur cette voie et veillons à ce que personne ne soit laissé de côté", a-t-il exhorté.

Des propositions novatrices qui doivent encore être "affinées" pour Khattabi

La ministre fédérale du Climat Zakia Khattabi a accueilli "avec intérêt" le paquet de propositions de la Commission européenne visant à réduire les émissions de gaz à effets de serre d'au moins 55% d'ici 2030, mais a déjà averti qu'il devrait être affiné. "Nous constatons avec satisfaction que la Commission répond à la demande de la Belgique de faire des véhicules sans émissions la norme, contribuant ainsi à préserver le climat et la qualité de l'air", a relevé Mme Khattabi (Ecolo) dans un communiqué.

La Commission propose en effet de réduire à zéro les émissions de CO2 des voitures nouvellement immatriculées dans l'UE à partir de 2035, ce qui entraînerait de facto l'arrêt des ventes de véhicules essence et diesel à cette date, au profit des motorisations 100% électriques.

La ministre fédérale pointe également "quelques nouveaux éléments intéressants" comme une meilleure réglementation de la pollution due à la navigation et à l'aviation, la protection des entreprises et des emplois en Europe grâce à une "taxe aux frontières" - que la Commission nomme "mécanisme d'ajustement carbone" - et le soutien aux familles par le biais d'un fonds social.

Zakia Khattabi insiste également sur la bonne perception de ces réformes par l'ensemble de la société. "La nécessaire transformation de nos sociétés que sous-tend ce paquet de propositions n'adviendra que si elle est comprise et perçue comme légitime et équitable dans les efforts qu'elle demande et les effets qu'elle occasionne."

C'est, à ses yeux, le défi du 21e siècle: "vivre en respectant les limites planétaires et en évitant les extrêmes climatiques que nous observons malheureusement déjà dans le monde entier, en garantissant à chacune et chacun les conditions d'une vie digne".

Ces propositions de la Commission devront être discutées avec et approuvées par les États membres et le Parlement européen. "Le gouvernement fédéral s'engagera de manière constructive dans ces discussions en Belgique et en Europe", a assuré Mme Khattabi.

La France "salue" le plan climat

Le gouvernement a salué mercredi le "dense" plan climat présenté par la Commission européenne, se disant toutefois "réservé" sur certaines dispositions pouvant avoir des "conséquences sur les ménages et les petites entreprises".

"Ce paquet de 12 propositions législatives confirme l'intention, partagée par la France, de la Commission européenne de placer l'Europe à l'avant-garde du combat climatique", a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

"La France salue le travail réalisé par la Commission, qui reprend un certain nombre de priorités françaises telles que le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières", a-t-il ajouté. Pour l'exécutif, ce dispositif destiné notamment à contrer toute concurrence "déloyale" représente "un changement culturel majeur en Europe et une avancée diplomatique réelle".

Alors que la Commission veut interdire toute commercialisation des voitures à essence à partir de 2035, la France, qui prévoit la fin de la vente des véhicules thermiques en 2040 , "partage l'objectif d'accélération de la trajectoire", a précisé le communiqué.

En revanche, le gouvernement s'est montré moins enthousiaste concernant l'extension aux transports et au bâtiment du marché du carbone européen (ETS), où s'échangent les "permis à polluer" requis pour certains secteurs.

"La France est réservée sur la pertinence de ce dispositif et ses conséquences sur les ménages et les petites entreprises. Elle poursuivra les échanges pour s'assurer que la justice sociale et la solidarité demeurent au coeur de l'action climatique", a ajouté le gouvernement.

D'une manière générale, ce paquet étant "extrêmement dense", "la France va analyser les propositions de la Commission avec attention, pour s'assurer qu'elles proposent une transition vers la neutralité carbone crédible, efficace pour le climat, réaliste pour nos entreprises et juste pour nos citoyens".

Les propositions "vont désormais faire l'objet de négociations approfondies pendant plusieurs mois" au sein du Parlement européen et des Etats membres, a souligné le communiqué, assurant que la France "aura à coeur de faire avancer ce dossier emblématique pendant sa présidence du Conseil de l'Union européenne" au premier semestre 2022.e "salue" le plan climat

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