Qui est "Slavi", ce chanteur antisystème qui a remporté les législatives en Bulgarie ?

Sa chanson la plus connue - une ode aux femmes et… aux Ferrari - affiche près de 15 millions de vues sur YouTube.

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H.Le. (avec AFP)

Crâne rasé et lunettes noires, géant de près de deux mètres, Slavi Trifonov, 54 ans, enflamme les foules dans ses concerts et captive des milliers de téléspectateurs dans son émission depuis des décennies.

Cet homme né dans le nord de la Bulgarie, dans une région qu’il décrit lui-même comme de "plaine à l’horizon décourageant", s’est d’abord fait connaître après la chute du communisme en animant une émission qui pouvait être assimilée à une version bulgare des Guignols de l’info, avant de passer à un talk-show quotidien à grand succès diffusé sur la principale chaîne de télévision privée. "Slavi" s’est aussi construit son image à travers la musique et un style mêlant pop et folk péjorativement appelé "chalga", aux influences musicales orientales et aux paroles crues. Avant de préférer des airs patriotiques et satiriques dénonçant "les petits mensonges" et "la pauvreté" de son pays.

Après une incursion dans le débat public en 2016 - il avait alors organisé un référendum pour réformer le système électoral sans que le Parlement y donne suite -, M. Trifonov a décidé début 2020 de lancer son propre parti, baptisé "Il y a un tel peuple" (ITP).

Fort d’un discours anti-système surfant sur le mécontentement public, il a créé la surprise en se propulsant à la deuxième place du scrutin d’avril dernier, ce qui lui vaut d’être parfois comparé à l’humoriste italien Beppe Grillo, fondateur du Mouvement 5 Étoiles. Une comparaison qu’il accepte volontiers, il y ajoute lui-même les noms du président ukrainien Zelensky et même celui de l’ancien président américain Donald Trump, "des animateurs de télévision" entrés en politique sur le tard et en grande partie grâce à cette notoriété télévisuelle.

"Slavi", très discret sur sa vie privée, s’est depuis retranché dans l’ombre : quasiment aucune apparition publique et une parole qui se limite à de rares messages sur Facebook.

Il a d’ailleurs laissé entendre qu’il ne briguerait pas - notamment pour des raisons de santé - le poste de Premier ministre. "Slavi Trifonov n’est pas intéressé par le pouvoir", confie son plus proche collaborateur. 

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