Inondations : comment les Pays-Bas ont évité les morts

Les habitants de Valkenburg procédaient ce week-end au nettoyage de leurs maisons inondées après les intempéries qui touchent le sud des Pays-Bas, où l’expérience et les investissements faits dans la gestion de l’eau semblent toutefois avoir porté leurs fruits.

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AFP

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur l’Europe ces derniers jours ont causé de nombreux dégâts aux Pays-Bas, mais n’ont jusqu’à présent pas fait de victimes.

Des torrents d’eau ont déferlé dans les rues, des véhicules ont été emportés par les flots et des milliers de gens ont été évacués, mais les dégâts matériels restaient secondaires comparés au tragique bilan dans les pays voisins.

Des investissements et moins de surprises

L’entretien des digues et les investissements des dernières décennies pour protéger la population de la montée des eaux aux Pays-Bas, dont environ un tiers du territoire se trouve sous le niveau de la mer, ont contribué à limiter les dommages, estiment les observateurs.

De plus, les Néerlandais ont eu plus de temps pour se préparer à la montée des eaux, contrairement notamment à l’ouest de l’Allemagne, région la plus affectée par les crues subites.

"Malgré des records battus par l’énorme volume d’eau, la situation est sous contrôle" le long de la Meuse, déclarait vendredi après-midi Eric van Beerendonk, porte-parole du Rijkswaterstaat, l’Institut national néerlandais pour la gestion des eaux. "Cela est dû entre autres à nos programmes de gestion de l’eau", a-t-il expliqué à l’AFP.

Les rives des fleuves refaçonnées

Après d’importantes inondations dans les années 1990, et notamment en 1995, lorsque 250 000 personnes et un million d’animaux ont dû être évacués, les Néerlandais, forts de leur expérience, ont refaçonné les rives des fleuves.

Plus de 2 milliards d’euros ont été investis pour élargir les berges, permettant un débordement des eaux lors de crues. Les travaux ont été achevés en 2019. "Au lieu de construire des digues plus hautes, nous essayons de donner plus d’espace aux rivières", explique le Rijkswaterstaat.

Un projet similaire a été lancé en 2005 pour donner plus d’espace à la Meuse, et les digues le long de ses rives ont été renforcées.

Depuis une directive en ce sens de l’UE en 2007, de nombreux pays se sont lancés dans l’amélioration de la gestion des risques d’inondation, mais "les Néerlandais avaient peut-être une longueur d’avance", observe Marleen van Rijswick, professeure en droit de l’eau européen et national à l’Université d’Utrecht.

"Les Pays-Bas investissent en permanence" dans des projets et portent "une attention continue à la prévention d’inondations et aux conséquences du changement climatique", poursuit-elle.