La Russie interdit le média d’investigation russe "Proekt", jugé "indésirable"

La liberté d'expression a la vie dure en Russie.

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© AP

La liste des médias russes en position de critiquer le pouvoir se réduit comme peau de chagrin. Usant de la justice, les autorités russes sont parvenues à faire fermer la quasi-totalité des médias qualifiés d’opposition ces dernières semaines. Le média d’investigation Proekt est la dernière victime en date de cette volonté de contrôle total de la presse éditée en langue russe par le Kremlin.

Jeudi, le parquet de Moscou a déclaré le média "indésirable", estimant que "les activités de Proekt présentent une menace à l’ordre constitutionnel et à la sécurité de la Fédération russe". Comme l’impose la loi, cette rédaction, financée par une société américaine, n’a eu d’autre choix que de se dissoudre elle-même. Cinq journalistes seront désormais qualifiés d’"agents de l’étranger" par les autorités, dont Roman Badanin, rédacteur en chef de Proekt, qui a annoncé quitter la Russie précipitamment vendredi.

Une nouvelle enquête en vue

Dans la foulée, la rédaction, qui s’est empressée de couper ses liens avec son éditeur américain, a annoncé souhaiter poursuivre son travail d’investigation et promet la sortie imminente d’une nouvelle enquête. "Quelque chose de gros sera mis en ligne la semaine prochaine. En tant que journalistes, nous continuons de croire que notre travail est important pour notre patrie", a écrit Roman Badanin sur Telegram. Ce petit média réputé s’est souvent penché par le passé sur les biens mal acquis des proches du président Poutine.

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