Un sommet "clé" entre l'Union européenne, la Moldavie, la Géorgie et l'Ukraine

Les dirigeants de la Géorgie, de la Moldavie et de l'Ukraine, qui ambitionnent de rejoindre l'Union européenne, ont rencontré lundi le président du Conseil européen Charles Michel, qui a qualifié ce sommet d'"étape clé". Ces trois ex-républiques soviétiques, qui souhaitent s'éloigner de l'orbite de Moscou, ont créé en mai un format diplomatique, le Trio Associé, pour coordonner leurs efforts dans leur aspiration à rejoindre l'UE.

Un sommet "clé" entre l'Union européenne, la Moldavie, la Géorgie et l'Ukraine
© AFP

Jusqu'à présent, Bruxelles n'a jamais promis à ces trois pays une adhésion, une perspective à laquelle s'oppose vivement la Russie qui considère cette région comme son pré carré.

"Notre rencontre ici avec vous est une étape clé", a déclaré lundi Charles Michel aux dirigeants géorgien, moldave et ukrainien, respectivement Salomé Zourabichvili, Maia Sandu et Volodymyr Zelensky.

Il a également souligné les "liens spéciaux" qui relient l'UE à ces trois partenaires, évoquant le travail en cours pour une "coopération plus étroite", notamment sur la mise en place de réformes.

Selon M. Michel, l'UE s'est engagée à un "programme d'investissement sans précédent" de 2,3 milliards d'euros ayant le potentiel "de mobiliser jusqu'à 17 milliards d'euros d'investissements public et privés pour la région".

Les quatre dirigeants se sont exprimés lors d'une conférence dans la ville géorgienne de Batoumi, sur les bords de la mer Noire, puis se sont retrouvés pour des négociations dans une ancienne forteresse surplombant la côte.

Hostilité de Moscou

En juin 2014, Tbilissi, Chisinau et Kiev avaient signé des accords d'association avec l'UE comportant des dispositions en matière de coopération politique et économique, notamment un régime de libre échange et une dispense de visas pour les courts séjours.

Ces accords n'engagent pas Bruxelles à faire adhérer ces trois pays, mais reconnaît leur droit de postuler. Et ces derniers sont tenus de mettre en place des réformes en vue d'une éventuelle adhésion.

En 2013, le refus soudain du président ukrainien d'alors, le pro-russe Viktor Ianoukovitch, de signer cet accord d'association après une visite à Moscou avait déclenché le soulèvement du Maïdan qui aboutit à l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement pro-européen.

Cette révolution a été suivie de l'annexion de la Crimée par Moscou et le début d'une guerre entre Kiev et des séparatistes pro-russes dans l'est du pays.

Dans un effort pour éloigner la Géorgie et la Moldavie d'un rapprochement avec l'UE et l'OTAN, la Russie soutient aussi des séparatistes dans les régions géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, ainsi que dans la région moldave de Transdniestrie.

Après le sommet de lundi, les dirigeants moldave, ukrainien et géorgien ont signé une déclaration commune sur leur "avenir européen". "L'accession à l'Union européenne est un objectif qui unit nos trois pays", indique-t-elle.

"Aucune tierce partie ne pourrait influencer ce choix souverain", a ajouté la déclaration, dans une apparente référence à Moscou.

"Nous célèbrerons ensemble l'arrivée des trois soeurs, l'Ukraine, la Géorgie et la Moldavie dans la famille européenne", a abondé M. Zelensky.

Pour sa part, M. Michel a assuré que l'UE resterait "un partenaire fort et fiable" et a souligné "l'importance stratégique" que Bruxelles donne à ce partenariat.