En France, la droite se concerte en ordre dispersé pour 2022 : "L'objectif, c'est de gagner la présidentielle"

Cinq candidats potentiels de la droite à l'élection présidentielle se sont réunis mardi à Paris sous l'égide du parti Les Républicains pour tenter de ranimer un esprit "collectif" en amont du scrutin, mais sans le prétendant déjà déclaré ex-LR Xavier Bertrand.

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"Première démonstration d'unité", a déclaré en arrivant à la réunion le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau.

Outre M. Retailleau, participent à cette rencontre l'ancien ministre et négociateur du Brexit Michel Barnier, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez et le maire de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) Philippe Juvin, tous LR, ainsi que la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, qui a quitté LR.

Une déclaration commune est attendue à l'issue du conclave, qui a débuté à 15H30 "à huis clos" dans un hôtel près de l'Opéra de Paris, sous l'égide du président de LR Christian Jacob, du président du Sénat Gérard Larcher et du maire d'Antibes Jean Leonetti, qui a été chargé d'une mission sur le "processus de rassemblement" des candidats potentiels en 2022.

"L'objectif, ce n'est pas une primaire", que soutiennent ces cinq candidats, "l'objectif, c'est de gagner une présidentielle", a souligné le président de LR Christian Jacob. "Tout le monde peut être candidat à une primaire. C'est très facile. Ce qu'il faut, c'est être rassemblés, unis et gagner la présidentielle".

Candidat "solitaire" 

"Il nous faut un candidat unique, pas un candidat solitaire", a affirmé Michel Barnier, dans une allusion à la candidature déjà déclarée à la présidentielle de Xavier Bertrand, qui a fait grincer des dents à droite.

Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, pour laquelle une primaire "très largement ouverte" reste la "seule solution démocratique", a estimé que la droite avait un "devoir d'unité" mais qu'elle devait aussi "mettre en place le processus de rassemblement".

"Unité" et "esprit collectif" sont "la seule voie pour nous du succès", avait affirmé quelques heures auparavant sur France Inter le chef de file des députés LR Damien Abad, qui ne veut pas être "otage de querelles intestines".

"C'est une première étape, un premier contact. Ce n'est pas une réunion décisionnelle", a-t-on précisé dans l'entourage de M. Jacob.

Le chef de LR va de son côté, toujours avec MM. Larcher et Leonetti, rencontrer Xavier Bertrand mercredi.

Le président des Hauts-de-France ne participe pas en effet à la réunion de mardi, refusant d'être candidat à une primaire.

Le parti a fixé le 25 septembre comme date butoir pour s'entendre. Si cette hypothèse optimiste ne se réalise pas, un congrès décidera à l'automne d'un processus de départage, malgré les réticences de la direction sur la primaire.

"Jeu collectif"

M. Bertrand entend se poser en rassembleur de sa famille politique, au risque d'engager un bras de fer avec son ancien parti. "J'ai une responsabilité particulière, à moi de conduire ce rassemblement", "en restant sur une ligne qui est la mienne", a-t-il dit récemment.

Xavier Bertrand a "plus que jamais" une chance d'être le candidat de la droite, a estimé Damien Abad, qui le soutient.

Il est pour l'instant le mieux placé avec 18% d'intentions de vote selon un sondage publié le 4 juillet, contre 14% à Valérie Pécresse et 13% à Laurent Wauquiez, même s'il demeure derrière Emmanuel Macron (24%) et Marine Le Pen (26%).

Mais ce cavalier seul n'est pas apprécié par les autres prétendants. "L'homme ou la femme providentielle que certains espéraient ne s'est pas imposé", ont affirmé Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, ainsi que Hervé Morin (Les Centristes), dans une tribune au journal Le Figaro le 5 juillet, où ils réclament l'organisation, "dès que possible", d'une primaire.

Valérie Pécresse a d'ores et déjà promis de faire "entendre (sa) voix" au cours de l'été. "L'heure des femmes est venue", a-t-elle affirmé dans La Provence début juillet.

"Aucun de ceux qui veulent le soutien de cette famille politique ne se remettrait de ne pas participer, d'être en dehors de ce jeu collectif", a prévenu sur le même ton M. Barnier lundi.

La direction de LR est elle très réticente à organiser une primaire, synonyme selon elle de "machine à perdre", en relançant les écuries et les rancoeurs, voire en institutionnalisant une "double candidature à droite", selon M. Abad.