Valérie Pécresse annonce sa candidature à la présidentielle pour "restaurer la fierté française"

La présidente d’Île-de-France est candidate à une primaire de la droite.

Valérie Pécresse annonce sa candidature à la présidentielle pour "restaurer la fierté française"
©AFP

Valérie Pécresse, fraîchement réélue à la tête de l’Île-de-France, s’est lancée jeudi à son tour dans la course à la présidentielle à droite, une façon de ne pas laisser Xavier Bertrand occuper seul le terrain pendant l’été.

L’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle pour "restaurer la fierté française", dans un entretien au Figaro mis en ligne jeudi, avant de s’exprimer au 20 h de TF1.

Défendant une droite "ferme sur le régalien, laïque mais aussi écologiste, libérale, pro-entreprise, féministe et sociale", Valérie Pécresse avait pris ses distances avec LR dès 2017 en créant le mouvement Libres ! en opposition au président du parti de l’époque, Laurent Wauquiez, jugé trop populiste.

"Je ne supporte plus qu’on parle au lieu d’agir", affirme l’ex-LR, désireuse de "rompre avec 10 ans de mauvais choix, de demi-mesures, d’indécisions, et en fin de compte l’affaissement de notre pays".

La candidate à l’Élysée, qui vient d’avoir 54 ans, dit vouloir "faire plutôt que chercher à plaire" après un quinquennat "avec très peu de réformes" et vouloir "remettre le pays en ordre". "En 2022, la France doit prendre un nouveau départ. Cet été, je parcourrai le pays à la rencontre des Français pour enrichir mon projet", précise-t-elle.

Réélue en juin à la tête de l’Île-de-France, elle est la deuxième prétendante à officialiser sa candidature à droite, après son homologue ex-LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, fin mars.

"Vitalité"

Pendant toute sa campagne régionale, celle qui a succédé à Jean-Paul Huchon (PS) en 2015 s’était refusée à évoquer son possible avenir national, à la différence de son désormais rival à droite Xavier Bertrand, réélu à la tête des Hauts-de-France en proclamant son ambition d’être candidat en 2022.

Le chef de file des sénateurs LR Bruno Retailleau, qui avait, lui, fait acte de candidature pour une primaire à droite, a salué un "signe de la vitalité de la droite". "La primaire est désormais une évidence qui doit s’imposer à tous", a-t-il tweeté.

"La compétition est toujours saine à condition bien sûr qu’à la fin il n’y ait qu’un seul candidat", a prévenu son homologue à l’Assemblée nationale Damien Abad, qui soutient Xavier Bertrand, redisant ne pas vouloir être "pris en otage par une double candidature".

M. Abad, comme le président de LR Christian Jacob, est réservé sur la primaire, synonyme pour la direction du parti de "machine à perdre".

Valérie Pécresse, pour qui la primaire est au contraire la "seule solution démocratique", affirme au Figaro qu’elle n’en a "pas peur" et "fera tout pour gagner et rassembler".

"Précipitation"

Mme Pécresse et quatre autres candidats putatifs à la présidentielle s’étaient réunis mardi à Paris sous l’égide du parti Les Républicains, convenant d’une "candidature unique" de leur camp pour 2022, alors que Xavier Bertrand, absent, refuse à ce stade de participer à une primaire. Il entend se poser en rassembleur de sa famille politique, au risque d’un bras de fer avec son ancien parti.

Accusée par ses opposants de voir dans la région un marchepied vers l’Élysée, Valérie Pécresse a fait son annonce juste après avoir lancé mercredi une grande partie de son programme à la tête de la région pour la mandature 2021-2028. "Toutes les promesses que nous avons faites, il faut les mettre en place très vite", s’est-elle justifiée, accusée aussitôt par ses opposants de "précipitation". "On a une présidente de la région qui est déjà candidate à la présidence - ou à la primaire de la droite - et qui délaisse l’Île-de-France", a regretté Julien Bayou (EELV).