Un procès financier sulfureux s'ouvre mardi au Vatican

Sur le banc des accusés, le cardinal déchu Angelo Becciu.

Un procès financier sulfureux s'ouvre mardi au Vatican
©BELGA
AFP

Un procès, qui s’ouvre mardi au Vatican autour de l’achat opaque d’un immeuble londonien par le Saint-Siège, s’annonce délicat pour l’image du gouvernement de l’Église, au mieux escroqué par des hommes d’affaires, au pire frappé de corruption interne jusqu’au sommet.

Sur le banc des accusés, le cardinal déchu Angelo Becciu, ex-proche conseiller du Pape, devrait voler la vedette médiatique de ce procès qui durera des mois, le minuscule tribunal pénal du Vatican ayant l’art d’espacer ses audiences. La première date prévue mardi sera d’ordre technique, centrée autour d’un acte d’accusation complexe de 500 pages, fruit de deux ans d’enquête.

Parmi les dix inculpés, la moitié était au service de François au cours de l’achat en deux temps d’un immeuble de 17 000 m2 dans le chic quartier londonien de Chelsea, dont le Pape rêve désormais de se séparer au plus vite. L’acquisition de l’immeuble à un prix surévalué - via des montages financiers hautement spéculatifs et deux hommes d’affaires vivant à Londres - a "généré des pertes substantielles pour les finances du Vatican et puisé jusque dans les ressources destinées à l’action caritative personnelle du Saint-Père" , a déploré le Saint-Siège avant le coup d’envoi du procès. Le coup est rude pour le pape François, pourfendeur acharné de la corruption et de la spéculation financière mondiale, qui a accéléré ces derniers mois les réformes financières internes.

En 2013-2014, la secrétairerie d’État a emprunté 200 millions de dollars essentiellement au Crédit suisse pour investir dans le fonds luxembourgeois Athena d’un homme d’affaires italo-suisse vivant à Londres. La moitié de la somme visait à s’emparer d’une partie de l’immeuble londonien, l’autre à réaliser des placements boursiers. L’influent prélat Angelo Becciu était en 2014 substitut de la secrétairerie d’État, l’équivalent d’un ministre de l’Intérieur, en contact constant avec le pape François. Il est soupçonné notamment "d’interférences" plus tardives en 2020 dans le dossier. 

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