"Honteux", "grossier": Boris Johnson provoque l'indignation en vantant la fermeture des mines de charbon sous Thatcher

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a suscité une salve de réactions indignées en assurant que la fermeture des mines de charbon sous Margaret Thatcher, au coût social très lourd, permettait au Royaume-Uni d'être en avance dans la transition énergétique.

Boris Johnson lors d'une visite sur un champ d'éoliennes en Ecosse, ce jeudi 5 août.
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Interrogé au cours d'une visite sur un champ d'éoliennes en Ecosse jeudi, le chef du gouvernement conservateur a insisté sur les progrès réalisés en la matière : "Grâce à Margaret Thatcher, qui a fermé un grand nombre de mines de charbon dans tout le pays, nous avons commencé tôt et nous nous éloignons maintenant rapidement du charbon", a-t-il souligné, avant, selon les médias britanniques, de s'esclaffer.

Représentant autrefois le secteur industriel le plus important du Royaume-Uni, les mines de charbon sont intimement liées à son histoire économique et sociale et devinrent dans les années 1980 le symbole de l'opposition à l'ultra-libéralisme de la Première ministre de l'époque (1979-1990).

La fermeture de plus de 100 mines quand elle était au pouvoir a donné lieu à de dures grèves et à des violences. Aujourd'hui, de nombreux anciens sites miniers restent sinistrés, avec un fort taux de chômage.

Le chef de l'opposition travailliste Keir Starmer a critiqué des propos "honteux" et exigé des excuses "immédiates".

Le porte-parole Downing Street a rejeté vendredi l'éventualité de telles excuses, affirmant que Boris Johnson reconnaissait "les répercussions énormes et douloureuses des fermetures de mines de charbon sur les communautés au Royaume-Uni".

Ses propos ont fait bondir, notamment dans le "mur rouge" désindustrialisé du nord de l'Angleterre où les conservateurs emmenés par Boris Johnson se sont emparés, aux dernières législatives, de fiefs travaillistes grâce à un programme en faveur du Brexit et des promesses de rééquilibrage économique.

Alan Mardghum, le secrétaire général de l'association des mineurs de Durham, a reproché au Premier ministre de faire preuve de "mépris" et assuré qu'il n'y avait eu aucune motivation écologique chez Margaret Thatcher. Après les fermetures, selon lui, "le gouvernement Thatcher a augmenté de 40 millions de tonnes par an les importations de charbon, souvent extrait par des enfants dans des pays en voie de développement".

Ailleurs au Royaume-Uni, les Premiers ministres de l'Ecosse Nicola Sturgeon et du Pays de Galles Mark Drakeford ont dénoncé des propos "grossiers et manquant de sensibilité".

"Des vies et des communautés entières en Ecosse ont été anéanties par la destruction de l'industrie du charbon par Thatcher (qui n'avait rien à voir avec de quelconques inquiétudes concernant la planète)", a lancé la dirigeante indépendantiste Nicola Sturgeon, que Boris Johnson a refusé de rencontrer au cours de sa visite sur le sol écossais.

Les dernières mines de charbon ont fermé en 2015 au Royaume-Uni, à l'exception de petits sites.

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