Le meurtre d’un prêtre suscite l’indignation en France : "Nous sommes abasourdis"

Le suspect était déjà connu des services de police pour son rôle dans l’incendie de la cathédrale de Nantes.

Le meurtre d’un prêtre suscite l’indignation en France : "Nous sommes abasourdis"
©AFP
P.M (st.)

"C'est une émotion à peine descriptible ce midi d'apprendre que l'un de nos prêtres puisse être assassiné de cette manière-là […] Il n'y avait aucune alerte et ce matin nous sommes abasourdis." C'est par ces mots que le président du conseil départemental de la Vendée, Alain Lebœuf, a réagi ce lundi à l'assassinat du père Olivier Maire. Le corps sans vie du prêtre a été découvert le jour même dans les locaux de la communauté religieuse des Montfortains, à Saint-Laurent-sur-Sèvre.

Rapidement, un homme s’est présenté à la gendarmerie de Mortagne-sur-Sèvre en avouant le meurtre. Ce ressortissant rwandais était déjà connu des services de police français pour son implication dans l’incendie de la cathédrale de Nantes, en juillet 2020. Le suspect, placé sous contrôle judiciaire, avait séjourné en hôpital psychiatrique de fin juin à fin juillet 2021, avant de revenir vivre dans la communauté religieuse des Montfortains, où il était accueilli depuis plusieurs mois. Pour l’heure, une enquête pour "homicide volontaire" a été ouverte et la piste de l’acte terroriste est écartée.

Un drame qui divise la classe politique française

La classe politique française n'a pas tardé à rendre hommage au prêtre et à témoigner de sa solidarité à l'égard de la communauté catholique française. Le président Emmanuel Macron a adressé ses "pensées chaleureuses pour les Montfortains et tous les catholiques de France" via Twitter. Mais les critiques contre le pouvoir ont fusé sur les réseaux sociaux. Une passe d'armes a notamment opposé le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen. En cause, l'obligation pour le suspect de quitter le territoire français, non honorée en raison de son contrôle judiciaire en cours, et sa remise en liberté dans le dossier de l'incendie de la cathédrale de Nantes.

Ce drame fait écho aux attaques mortelles déjà perpétrées contre des membres de l’Église catholique en France, tels le triple homicide au sein de la basilique Notre-Dame de l’Assomption à Nice en octobre 2020, et l’assassinat du père Jacques Hamel en 2016.

À moins d’un an de l’élection présidentielle, cet assassinat risque de cristalliser encore davantage les discours politiques autour de la thématique sécuritaire, sujet déjà prépondérant lors des élections départementales et régionales de juin dernier.

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