Une infirmière allemande accusée d'avoir échangé des vaccins contre de la solution saline, plus de 8000 personnes concernées

Une histoire que les autorités du nord de l'Allemagne prennent très au sérieux.

Une infirmière allemande accusée d'avoir échangé des vaccins contre de la solution saline, plus de 8000 personnes concernées
©DPA

L'affaire, qui avait déjà fait grand bruit dans le pays en avril, vient de prendre un tout autre tournant. Une infirmière, qui avait admis avoir administré une solution saline à six personnes dans un centre de vaccination du nord de l'Allemagne, aurait en fait remplacé les vaccins de plusieurs milliers de personnes.

A l'époque, l'infirmière de 40 ans avait justifié son acte en expliquant avoir tenté de dissimuler le fait qu'elle avait fait tomber une fiole de vaccin sur le sol. Si la solution saline est inoffensive, même lorsqu'elle est injectée, la plupart des personnes privées de vaccins sont âgées de plus de 70 ans. Elles faisaient donc partie d'un groupe à hauts risques.

Mais l'enquête menée par la police a finalement révélé des faits bien plus graves.

Plus de 8 000 personnes concernées

Il semblerait en effet que plusieurs milliers de personnes aient reçu une injection de solution saline à la place du vaccin Pfizer/BioNTech, et non pas six comme le pensait la police au début. Les faits auraient eu lieu entre mars et avril. Selon les autorités sanitaires, l'infirmière a pu remplacer les vaccins parce qu'elle était "responsable de la préparation des vaccins et de la préparation des seringues" lorsqu'elle travaillait au centre.

L'administrateur du district de Friesland, Sven Ambrosy, a posté un message sur Facebook annonçant la nouvelle ce mardi. "Aujourd'hui, j'ai eu le triste devoir d'informer environ 8 600 personnes qui pourraient avoir été affectées qu'il ne peut être exclu qu'elles aient reçu une solution saline à la place de leur vaccin lors de leur rendez-vous de vaccination. Pour leur tranquillité d'esprit, nous leur recommandons de se faire vacciner à nouveau", a déclaré M. Ambrosy.

"Nous ne savons pas combien des 8 557 citoyens n'ont pas été vaccinés ou seulement partiellement", a déclaré le chef de l'équipe de crise coronavirus de Basse-Saxe au cours d'une interview donnée à la radio NDR ce mardi. "Il se peut que seule une seringue sur trois ait été manipulée, il se peut qu'il n'y ait pas d'autres cas", a-t-il ajouté.

Au total, 8 557 personnes seraient concernées et auraient déjà été invitées à se faire vacciner à nouveau. Près de 3 600 rendez-vous auraient déjà été confirmés.

Refus de coopérer

Les motivations de l'infirmière, qui n'a pas été nommée publiquement, restent inconnues à ce jour. "Malheureusement, la femme ne coopère pas avec la police, elle se tait", a également commenté le chef de l'équipe de crise coronavirus de Basse-Saxe.

La police n'exclut toutefois pas qu'un motif politique ait pu la pousser à agir. Selon l'inspecteur Peter Beer, cité par Süddeutsche Zeitung, la femme de 40 ans aurait partagé des messages sur les réseaux sociaux critiquant les restrictions imposées par le gouvernement pour freiner la propagation du virus ainsi que des messages ouvertement anti-vaccin.

Selon l'agence de presse Reuters, on ignore encore si des arrestations ou des accusations ont été portées dans le cadre de cette affaire.

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