Reprise en présentiel et troisième dose de vaccin dans les maisons de retraite : la France fixe son cap sanitaire pour la rentrée

La rentrée scolaire aura lieu, hormis aux Antilles, quelles que soient les difficultés sanitaires, a souligné jeudi le gouvernement en promettant également une troisième dose de vaccin dans les EHPAD dès le 13 septembre.

Reprise en présentiel et troisième dose de vaccin dans les maisons de retraite : la France fixe son cap sanitaire pour la rentrée
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Le retour dans les classes de 12,4 millions d'élèves et de 866.500 enseignants, à l'heure où la circulation du variant Delta suscite l'inquiétude, se fera en présentiel jeudi 2 septembre avec comme but affiché de fermer le moins de classes possible et de préserver la scolarité des élèves.

"Nous pouvons être tout à fait sereins sur cette rentrée scolaire, elle aura lieu, bien sûr, nous rencontrerons des difficultés, bien sûr, il y aura des problèmes, nous nous mettons en situation de gérer", a déclaré le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer en conférence de presse.

"Nous faisons le choix des écoles ouvertes et d'une capacité à fermer de manière la plus ciblée possible pour qu'au maximum les élèves puissent bénéficier de l'école", a-t-il insisté.

Le protocole sanitaire prévoit ainsi qu'un cas de Covid-19 dans une classe de primaire entraîne une fermeture, comme cela se faisait en fin d'année scolaire. Au collège et au lycée, en cas de contamination dans une classe, seuls les élèves cas contacts non vaccinés devront s'isoler une semaine.

Le gouvernement avait d'ores et déjà décidé mercredi de repousser au 13 septembre celle des élèves aux Antilles et dans la zone "rouge" de la Guyane.

En Guadeloupe, l'épidémie connaît une "légère diminution" mais reste toujours "préoccupante", selon l'ARS. Le préfet a prolongé le confinement jusqu'au 19 septembre. C'était déjà le cas en Martinique.

25 décès en un jour en Polynésie

En raison d'une situation sanitaire toujours "grave" à cause du Covid-19, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait indiqué mercredi que l'état d'urgence sanitaire serait prolongé "jusqu'au 15 novembre aux Antilles, en Guyane et en Polynésie française", avec un projet de loi présenté "la semaine prochaine".

La Polynésie, où seulement 13,6% des Polynésiens morts du Covid ont un schéma vaccinal complet, a connu mardi une journée noire avec le décès de 25 personnes en un jour, un nombre record.

Le taux d'incidence ressort à 3.357 cas pour 100.000 habitants aux Îles-du-Vent, les plus peuplées de Polynésie.

La couverture vaccinale a cependant augmenté ces dernières semaines en Polynésie, mais elle reste très inférieure à celle de la métropole: 45,8% de l'ensemble de la population a reçu au moins une dose de Janssen ou de Pfizer-BioNtech, et 34,4% des Polynésiens ont un schéma vaccinal complet.

En Martinique, le nombre de vaccinations contre le Covid-19 a accéléré en juillet et août par rapport au début de l'année, grâce à la communication des autorités, mais surtout au nombre de décès qui ont fini de convaincre les habitants de cette île des Antilles.

Avec la vaccination "on a 8 fois moins de chances d'être contaminé, 11 fois moins de chances d'aller à l'hôpital", a fait valoir Jean Castex sur RTL, en annonçant que les résidents des Ehpad pourront recevoir une troisième dose de vaccin contre le Covid-19 à partir du 13 septembre.

Le 13 septembre verra le "redémarrage de la campagne systématique, après recueil du consentement, pour les troisièmes doses (de vaccin) dans les Ehpad", a indiqué le Premier ministre.

Les plus de 65 ans et les personnes présentant des comorbidités pourront, elles, dès le 1er septembre, reprendre rendez-vous pour avoir leur 3e dose, comme recommandé par la Haute autorité de santé, a-t-il ajouté, en rappelant qu'il fallait "un délai d'environ 6 mois entre la deuxième et la troisième dose".

La troisième dose est jugée nécessaire parce que "la protection vaccinale chez certaines personnes -les plus fragiles, les plus âgés- baisse" a ajouté le chef du gouvernement.

Le Premier ministre a écarté par ailleurs la possibilité d'instaurer le pass sanitaire dans toutes les entreprises. Il a enfin promis que le gouvernement mettrait bien en place, à partir du 15 septembre, l'obligation de se vacciner imposée au personnel soignant, sanctions à la clé pour les récalcitrants.

A ce jour, plus de 83% des soignants dans les hôpitaux ou maisons de retraite sont vaccinés contre le Covid-19.