"On peut démarrer l'offensive" : la macronie entre en campagne en défendant son bilan

A sept mois du premier tour de la présidentielle, la macronie fourbit ses armes pour défendre le bilan du quinquennat et tente d'organiser la plate-forme qui devra soutenir la candidature d'Emmanuel Macron à sa réélection.

"On peut démarrer l'offensive" : la macronie entre en campagne en défendant son bilan
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"Depuis 2017, 5 ans de + pour les Français": la formule s'étale en couverture d'un tract de six pages tiré à un million d'exemplaires et qui doit être distribué à partir de ce week-end.

En filigrane, c'est surtout la mention "5 ans de +" qui ressort, appel à une candidature du président à sa réélection et référence appuyée au slogan de campagne de Barack Obama pour obtenir un deuxième mandat, "Four more years" ("Quatre ans de plus"), quand "En marche!" avait été vu comme une traduction libre du "Forward" de la première campagne du candidat démocrate en 2007.

Derrière le tract, La République en marche. Pourtant, le nom du parti n'y apparaît pas, remplacé par la mention "Majorité présidentielle", entame d'une "plate-forme" de l'ensemble de la macronie pour défendre l'action de l'exécutif.

Les grandes manoeuvres sont ainsi lancées: "On peut démarrer l'offensive", a exhorté lundi le patron de LREM, Stanislas Guerini, lors des journées parlementaires du parti, en saluant des troupes "pleines d'énergie, pleines d'envie, pleines de confiance" et qui dit "assumer le fait d'être en campagne".

"La majorité doit occuper le terrain. Je considère que nous avons un droit d'initiative", abonde le président des Jeunes avec Macron, Ambroise Méjean, qui a lui-aussi lancé une campagne d'affichage qui reprend les codes visuels de Netflix avec un slogan sans équivoque: "Vivement qu'on signe pour 5 saisons de plus".

Big bang en marche

Reste l'éternelle question de la structuration de cette "majorité présidentielle", dont la "maison commune" maintes fois réclamée depuis plus d'un an n'a jamais été bâtie. La semaine dernière, François Bayrou, le patron du MoDem, a relancé l'idée d'un "grand mouvement politique central" "unitaire et large" en vue de l'élection suprême. Mais, selon lui, chaque parti garderait sa marque et ses "sensibilités" en affichant "son appartenance au même ensemble".

Stéphane Séjourné, influent conseiller politique d'Emmanuel Macron, lui a emboîté le pas en plaidant pour la création d'un "grand parti démocrate français", quand le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a réclamé d'être "le plus imbriqué possible", tout en prenant garde de "ne pas confondre l'Annonciation et la Nativité".

"On note au passage que ça n'est pas le patron de LREM qui a répondu à Bayrou, ça en dit long sur le poids de Stanislas Guerini et du parti", persifle un macroniste de la première heure, alors que l'archipellisation de la majorité - MoDem, le parti de centre droit Agir, ceux de centre gauche Territoires de progrès et En commun - devrait connaître un nouvel îlot avec la création imminente d'une structure portée par Edouard Philippe.

Le big bang est-il en marche? Les universités d'été de LREM, prévues début octobre à Avignon, doivent être "un moment charnière", assure Stanislas Guerini, alors que le parti présidentiel a déménagé cet été dans de vastes locaux qui peuvent accueillir un siège de campagne, le cas échéant.

Et, au-delà de l'échéance d'avril, ce sont surtout les élections législatives prévues en juin qui inquiètent les macronistes, soucieux d'éviter "les guerres de chapelle" lorsqu'il s'agira de distribuer les investitures face aux revendications des partenaires.

Demeure la question du fond: d'abord, les réformes à mener ou non d'ici la fin du mandat, celle des retraites en tête. "Quand la vie politique est dans un état gazeux, il faut faire attention à ne pas allumer d'allumettes près du bec de gaz", met en garde M. Guerini, quand la branche droite de la macronie craint a contrario l'accusation d'immobilisme.

Ensuite, il s'agira de déterminer la ligne programmatique du président-candidat - toujours pas déclaré. "Il y a toujours cette idée de continuer dans la rupture", croit savoir un proche d'Emmanuel Macron, quand chacun convient qu'une élection ne peut se gagner sur un seul bilan.

Avec un objectif déjà affiché: "Être en tête au premier tour avec un score supérieur à celui de 2017".