L'Allemand Manfred Weber candidat à la présidence du PPE

L'Allemand Manfred Weber (PPE, conservateurs pro-européens) n'est pas candidat à la succession du social-démocrate italien David Sassoli à la présidence du Parlement européen. Il ambitionne la présidence du PPE, a-t-il annoncé mercredi, alors que son parti a lancé une procédure de sélection interne pour désigner le prochain président du Parlement.

L'Allemand Manfred Weber candidat à la présidence du PPE
© Reporters / DPA
Belga

Ce changement à mi-législature est une conséquence de l'accord conclu entre les trois principaux groupes politiques du Parlement européen (PPE, S&D et RE), début juillet 2019, lorsqu'ils se sont répartis les postes des dirigeants des principales institutions européennes après s'être entendus pour former une majorité parlementaire.

Le PPE, première formation politique de l'hémicycle avec 179 élus, avait notamment obtenu la présidence de la Commission européenne (Ursula von der Leyen) et le poste de 3e vice-président exécutif (Valdis Dombrovskis), ainsi que la présidence de la BCE, la Banque centrale européenne (Christine Lagarde).

Les socialistes et sociaux-démocrates du S&D, arrivés deuxièmes aux élections de 2019, avaient obtenu la présidence du Parlement européen pour la première moitié de la législature, ainsi que les postes de 1er vice-président exécutif de la Commission (Frans Timmermans) et de chef de la diplomatie européenne (Josep Borrell).

Troisième force soutenant la commission Von der Leyen, les libéraux et macronistes de Renew Europe (RE) avaient décroché la présidence du Conseil européen (Charles Michel) et le poste de 2e vice-présidente exécutive de la Commission (Margrethe Vestager).

Le mandat de président du Parlement européen est de deux ans et demi, renouvelable une fois, comme celui de la présidence du Conseil. Mais au contraire de ce dernier, le perchoir de l'hémicycle a, depuis l'élection directe du président en 1979, toujours fait l'objet d'un renouvellement à mi-législature pour satisfaire les équilibres de majorité.

Le 3 juillet 2019, PPE, S&D et RE avaient donc convenu, entre autres, d'élire le candidat du groupe S&D à la présidence du Parlement pour la première moitié de la législature et celui du groupe PPE pour la seconde, qui commence début janvier 2022. Le PPE prévoit d'annoncer son choix au plus tard en novembre prochain.

A l'époque, il avait été dit que Manfred Weber, le chef du groupe parlementaire du PPE, qui fut candidat malheureux à la présidence de la Commission à travers le processus des candidats parlementaires (Spitzenkandidaten) foulé au pied par les États membres (Conseil), serait le successeur de David Sassoli.

Mais ce mercredi, l'Allemand a déjoué ce scénario. Il a annoncé ne pas être candidat à la présidence du Parlement, mais ambitionner celle du PPE. Il y succéderait au Polonais Donald Tusk. L'ex-président du Conseil européen, devenu chef du PPE en 2019, se réinvestit quant à lui dans la scène politique de son pays, dont il a déjà été Premier ministre.

"Au PPE, nous soutenons tous et admirons la décision du président Donald Tusk de retourner en Pologne et de se battre pour un avenir meilleur pour son pays. Ce serait donc un grand honneur de lui succéder et de continuer à construire un parti plus uni et victorieux pour les élections de 2024", a affirmé M. Weber sur Twitter.