Abdeslam s'emporte au procès des attentats de Paris: "Les accusés sont traités comme des chiens"

Le coup d'envoi d'une audience "historique" et un principal accusé qui se fait déjà remarquer : le procès des attentats du 13 novembre 2015 s'est ouvert dans une ambiance solennelle mercredi à la mi-journée à Paris, six ans après une nuit de terreur qui a fait 130 morts, des centaines de blessés et a traumatisé la France.

La Rédaction (avec AFP et Belga)

Le procès des attentats du 13 novembre 2015 s'est ouvert au tribunal de Paris ce mercredi. Au total, vingt accusés seront jugés, dans un procès "historique" qui durera huit mois. Suivez les dernières infos en direct ci-dessous.

20h30 - La première journée d'audience est terminée

La première journée d'audience s'est terminée mercredi dans la soirée, aux environs de 20h30. Elle reprendra jeudi à 12h30, toujours avec l'appel des parties civiles de ce dossier titanesque. Pendant de longues heures mercredi, la cour d'assises spéciale a procédé à un impressionnant et fastidieux recensement, par ordre alphabétique, des près de 1.800 personnes souhaitant faire reconnaître leur qualité de victime de ces attentats, les pires de l'après-guerre.

17h40 - Salah Abdeslam estime que les accusés sont "traités comme des chiens"

Après le malaise de l'un des accusés, Salah Abdeslam a protesté envers les conditions de détention des prévenus. "On est traités comme des chiens, ici c'est très beau, il y a des écrans plats, mais là bas derrière...", a-t-il déploré, coupant la parole du président, l'index pointé vers lui. "Faites attention aux gens. Dangereux ou pas dangereux, on est des hommes, des êtres humains. On a des droits", a-t-il martelé. "Ca fait six ans que je suis traité comme un chien et je ne me suis jamais plaint. Mais je le fais maintenant car je sais qu'après ma mort, je serai ressuscité et vous devrez rendre des comptes", a-t-il aussi lancé, se faisant interrompre par le président: "Ici on n'est pas dans un tribunal ecclésiastique, on est dans un tribunal démocratique".

17h25 - L'audience reprend, l'avocat de Farid Kharkhach critique le régime de détention des accusés

Après le malaise de Farid Kharkhach, la sonnerie a à nouveau retenti vers 17h25, signifiant la reprise de l'audience. L'avocat de M. Kharkhach s'est alors exprimé, critiquant le régime de détention des accusés. Son client aurait subi deux fouilles à nu avant son arrivée au tribunal, et serait dépressif et très fragilisé.

17h00 - L'audience suspendue après le malaise de l'un des accusés

Peu avant 17h, l'audience a été suspendue en raison d'un malaise, relatent plusieurs quotidiens. Farid Kharkhach a fait un malaise dans le box des accusés, où il se trouve depuis le début de l'audience.

Le Belge de 39 ans, né au Maroc, est soupçonné d'avoir fourni de faux papiers d'identité à un certain nombre de terroristes à la demande de Khalid El Bakraoui, l'un des auteurs des attentats de Bruxelles.

16h15 - Abdeslam "a cherché à faire son petit effet"

Interrogé par Le Figaro, Me Cyril Dahan, qui défend deux familles de victimes, a signalé que, par ses propos, Salah Abdeslam avait "cherché à faire son petit effet". "Je pense qu'il va continuer d'avoir le même comportement durant le procès. Osciller entre provocation et mutisme... Je ne m'attendais à rien de mieux", a-t-il poursuivi.

15h35 - L'appel des parties civiles se poursuit

Après une courte suspension du procès sur le coup de 15h, l'appel des parties civiles s'est poursuivi vers 15h35. L'appel des parties civiles continuera en principe jusqu'à la fin de journée et se poursuivra ce jeudi, avant la lecture du rapport vendredi. Une grande tension était palpable en cette première journée d'audience, ont témoigné des journalistes de l'AFP présents sur place.

14h45 - Les avocats des parties civiles se présentent à la barre

Les avocats des parties civiles se succèdent à la barre, par ordre alphabétique, et indiquent les noms des personnes qu'ils représentent. Il s'agit de victimes directes des attentats ou des proches et familles des victimes. Deux audiences seront encore nécessaires pour conclure cette étape, car, on le rappelle, près de 1800 parties civiles ont été constituées. Les premiers témoins ne sont eux attendus à la barre que lundi.

14h00 - Le président de la Cour introduit le procès

De façon inhabituelle, le président de la cour d'assises spéciale, Jean-Louis Périès, a souhaité tenir un propos liminaire, "en toute humilité".

"Nous commençons ce jour un procès qualifié d'historique, hors norme", a dit à la salle Jean-Louis Périès. Mais, a-t-il prévenu "ce qui importe c'est aussi justement le respect de la norme, le respect des droits de chacun, à commencer par les droits de la défense".

"Notre cour d'assises a pour finalité d'examiner les charges pesant à l'encontre de chacun et d'en tirer toutes les conséquences au plan pénal après avoir écouté chacun", a-t-il rappelé. "Nous devons tous garder à l'esprit cette finalité afin de conserver ce cap".

13h45 - Les autres accusés déclinent leur identité

A l'exception de Salah Abeslam, les dix autres accusés dans le box déclinent leur identité sans faire de difficulté. Ils parlent français pour la plupart. Parmi eux, Mohamed Abrini, connu comme "l’homme au chapeau" des attentats de Bruxelles, mais aussi Osama Krayem, qui avait renoncé à se faire exploser dans le métro de Bruxelles le 22 mars 2016. Ce dernier a besoin d'un interprète.

13h35 - Salah Abdeslam prononce ses premiers mots

Le principal accusé, Salah Abdeslam, a déclaré dans ses premiers mots à la cour qu'il n'y "a pas de divinité à part Allah", alors qu'il était invité à décliner son identité à l'ouverture de l'audience.

"Tout d'abord, je tiens à témoigner qu'il n'y a pas de divinité à part Allah et que Mohamed est son messager", a déclaré le seul membre encore en vie des commandos qui ont fait 130 morts à Paris, paraphrasant la Chahada, profession de foi islamique.

"On verra ça plus tard", lui a répondu le président Jean-Louis Périès, qui lui a ensuite demandé sa profession.

Debout dans le box, Salah Abdeslam, qui a baissé son masque noir pour s'exprimer, s'est à nouveau penché vers le micro. "J'ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l'Etat islamique", a-t-il répondu placidement.

Il a ensuite refusé de donner le nom de ses parents : "le nom de mon père et ma mère n'a rien à voir dans cette histoire".

13h17 - Le procès s'ouvre officiellement

Après plus de quarante minutes de retard, la sonnerie marquant l'ouverture de l'audience a retenti à 13h17. La cour, composée de sept magistrats professionnels, a fait son entrée dans la salle. "L'audience criminelle est ouverte, veuillez vous asseoir ", a déclaré le président Jean-Louis Périès.

12h45 - Salah Abdeslam prend place dans le box des accusés

Abdeslam s'emporte au procès des attentats de Paris: "Les accusés sont traités comme des chiens"
©AFP

Salah Abdeslam, principal accusé, a pris place vers 12h45 dans le box des accusés, à quelques minutes de l'ouverture devant la cour d'assises spéciale de Paris de ce procès "historique".

Masque noir sur le visage, T-shirt noir, le seul membre encore en vie des commandos qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés à Paris et Saint-Denis s'est assis dans le box, entouré de plusieurs membres des forces de l'ordre. À ses côtés comparaissent 13 complices présumés, actifs dans la préparation de la nuit sanglante. Six autres, absents, seront jugés par défaut.

12h30 - Les accusés arrivent dans la salle d'audience

Les quatorze accusés sont arrivés au tribunal de Paris ce mercredi vers 12h30. Salah Abdeslam, principal accusé, est présent, tout comme Mohamed Abrini, connu depuis l'attaque de Zaventem comme "l'homme au chapeau".

Dans la grande salle de 550 places ont pris place une majorité de robes noires d'avocats, et quelques dizaines de parties civiles et de journalistes. En effet, peu de parties civiles ont fait le déplacement, "sur le conseil de leurs avocats" , affirme Franceinfo.

Abdeslam s'emporte au procès des attentats de Paris: "Les accusés sont traités comme des chiens"
©Christophe Lamfalussy

En raison du très grand nombre de victimes, la cour procédera pendant deux jours à l'appel des près de 1 800 parties civiles constituées et examinera d'éventuelles nouvelles constitutions, avant de faire l'appel de plus d'une centaine de témoins. Les premiers jours du procès seront également consacrés à un aperçu de l'enquête pénale.