Etat de droit: malgré l'"ingérence" de l'UE, la Pologne ne quittera pas l'Union

La Pologne veut sa souveraineté et la fin de l'"ingérence" de l'Union européenne dans ses affaires intérieures mais ne la quittera pas, a déclaré mercredi le chef du parti populiste de droite au pouvoir.

Etat de droit: malgré l'"ingérence" de l'UE, la Pologne ne quittera pas l'Union
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AFP

"Il n'y aura pas de Polexit [...] Nous voyons sans équivoque l'avenir de la Pologne dans l'Union européenne", a déclaré Jaroslaw Kaczynski, chef du parti Droit et Justice (PiS), à l'agence de presse polonaise PAP. Ces commentaires interviennent après que de hauts responsables du PiS ont laissé entendre qu'il était possible de quitter l'UE, dans le contexte d'un bras de fer de plus en plus musclé avec Bruxelles au sujet des réformes judiciaires polonaises.

"Les questions de justice restent de la compétence exclusive des États membres et ne peuvent faire l'objet de ce genre d'ingérence qui a lieu en ce moment", a déclaré M. Kaczynski, qui est également vice-premier ministre. "Nous voulons être dans l'UE mais en même temps nous voulons rester un État souverain", a-t-il insisté.

"Le principe d'égalité des États est également violé de manière très radicale", a-t-il poursuivi, accusant les États membres les plus puissants, comme l'Allemagne, d'"instrumentaliser l'UE".

Les Polonais sont majoritairement enthousiastes à l'égard de l'Union européenne: plus de 80% d'entre eux soutiennent l'adhésion à l'Union. Mais les relations entre Varsovie et Bruxelles se sont tendues ces derniers mois, et encore davantage ces derniers jours.

Au début du mois, le gouvernement a accusé l'exécutif européen de "chantage", après la suggestion que l'Union pourrait retenir les fonds de relance post-pandémique si Varsovie n'acceptait pas la primauté du droit communautaire.

La semaine dernière, Ryszard Terlecki (PiS), vice-président du Parlement, a appelé à des "solutions radicales". "Les Britanniques ont montré que la dictature de la bureaucratie bruxelloise ne leur convient pas. Ils ont tourné le dos et sont partis", a-t-il souligné.

Un autre haut responsable du PiS, Marek Suski, a déclaré lors d'une cérémonie en l'honneur des résistants polonais que la Pologne "combattrait l'occupant de Bruxelles" comme elle l'avait fait pour les nazis et les Soviétiques.

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