Salah Abdeslam s'explique au procès des attentats de Paris : "On a attaqué la France, visé la population, mais il n'y avait rien de personnel"

Une semaine après le début du procès des attentats de Paris du 13 novembre 2015, la parole est donnée aux différents accusés.

Salah Abdeslam s'explique au procès des attentats de Paris : "On a attaqué la France, visé la population, mais il n'y avait rien de personnel"
©AFP

Ce mercredi, les 14 accusés du procès des attentats de Paris ont pris la parole pour s’exprimer sur les faits qui leur valent d’être renvoyés devant la cour d’assises. La cour, le parquet et les avocats ne leur ont pas posé de questions. Il s'agissait d'une simple déclaration. Ils pouvaient aussi décider de garder le silence.

Tour à tour, chaque accusé s'est levé pour prendre la parole, à commencer par ceux qui comparaissent libres. Certains accusés ont clamé leur innocence.

"A aucun moment j'ai voulu faire du terrorisme", a déclaré Hamza Attou, l'un des deux hommes venus chercher Salah Abdeslam à Paris le soir des attentats.

"On m'a collé une étiquette de terroriste, je ne suis pas un terroriste", a lui estimé Mohamed Amri, le deuxième compagnon de route de Salah Abdeslam.

Certains accusés ont eux "condamné fermement" les attentats. "Je condamne ces atrocités. Je souhaite beaucoup de courage aux victimes", a lancé Yassine Atar, insistant pour qu'on le distingue de son frère Oussama Atar, considéré comme l'ordonnateur des attentats du 13-Novembre, jugé en son absence. "J'ai à coeur de m'expliquer, je suis innocent encore une fois", a-t-il précisé.

Mohamed Abrini, "l'homme au chapeau", accusé d'avoir participé au financement des attaques et à la fourniture d'armes, a pris la parole en avant-dernier. "Je reconnais ma participation aux attentats. Comme l'a dit M. Atar, je ne suis pas Oussama Atar. Dans ce malheur qui a touché la France je ne suis pas le commanditaire ni le cerveau des opérations", a-t-il déclaré.

"On a visé la France"

Le principal accusé, Salah Abdeslam, qui avait déjà marqué le début du procès par ses nombreuses interventions sans y être autorisé, a été le dernier à pouvoir s'exprimer.

"On a combattu la France, on a attaqué la France, on a visé la population des civils, mais en réalité, on n'a rien de personnel vis-à-vis de ces gens-là. On a visé la France", a-t-il expliqué au sujet des attentats du 13 novembre. "Les avions français ne font pas la distinction entre les hommes, les femmes et les enfants. On a voulu que la France subisse la même douleur que nous subissons", a-t-il poursuivi.

"J’ai entendu François Hollande dire que nous combattons la France pour vos valeurs et vous diviser. C’est un mensonge manifeste", a encore déclaré Salah Abdeslam. "Quand François Hollande a pris la décision d'attaquer, il savait qu'à cause de cette décision, des Français allaient rencontrer la mort".

"En 2003, Jacques Chirac a refusé de donner son soutien aux Américainssous prétexte d'une haine anti-Français et des attaques meurtrières. C’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui".

"Je sais que certains de mes propos peuvent choquer. Le but n'est pas de blesser les gens. Pas d'enfoncer le couteau dans la plaie. Mais être sincère, envers ces personnes qui subissent une douleur incommensurable", a-t-il ajouté d'un ton calme.

"On dit souvent que je suis provocateur mais moi je veux être sincère et ne pas leur mentir. Je vous remercie de m'avoir écouté. Je n'ai rien à ajouter", a conclu le principal accusé avant de se rasseoir.