"Les idées ça ne met pas les délinquants en prison", dit Marine Le Pen

"Les idées ça ne met pas les délinquants en prison" et "ça ne remplit pas les assiettes", a déclaré la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, vendredi à Cavaillon (Vaucluse) après avoir été interpellée par une habitante sur l'insécurité.

"Les idées ça ne met pas les délinquants en prison", dit Marine Le Pen
©Ait Adjedjou Karim/Avenir Pictures/ABACA
AFP

"Nous aimons tous les idées, mais les idées ça ne règle pas les problèmes de la cité du Dr Ayme" où réside cette habitante prénommée Sonia et "ça ne permet pas de payer le loyer à la fin du mois", a ajouté lors d'un point presse la candidate à la présidentielle, après avoir visité un commissariat et deux associations d'aide alimentaire.

Elle faisait allusion au polémiste et potentiel candidat Eric Zemmour, qui la talonne dans les sondages et animait une conférence dans le département voisin du Gard, à Nîmes.

"Je suis la candidate du peuple, le peuple dans ce qu'il vit au quotidien. Et une candidate à la présidence doit apporter des solutions concrètes", a-t-elle insisté en promettant "une action forte en matière de sécurité et de pouvoir d'achat".

Auparavant, la présidente du RN avait été interpellée à la sortie du commissariat par Sonia, habitante de la cité du Dr Ayme, jeune mère de famille de 33 ans.

"On est abandonnés par tous nos représentants politiques" et "les structures ont fermé", lui a lancé la jeune femme musulmane, d'origine tunisienne, qui portait un foulard sur la tête, debout à la portière de sa voiture.

Elle lui a raconté avoir vu une balle perdue dans le hall de son immeuble. "Je comprends que vous soyez en colère", lui a répondu Mme Le Pen. "Ça doit être un véritable cauchemar de vivre avec la peur au ventre comme ça".

"J'ai vu des renforts...", a dit la candidate. "Très loin, qui viennent quelques heures et qui partent", a poursuivi la jeune mère.

"Je suis une maman comme vous, je comprends très bien ce que vous vivez", lui a dit Marine Le Pen. "Les problèmes de sécurité, ce n'est pas un problème d'idées politiques, ce n'est pas un problème d'origine ou de religion", a ajouté la responsable d'extrême droite, qui veut bannir le port du voile dans l'espace public, en promettant de "régler le problème" de l'insécurité pour ne "pas de vivre comme à Beyrouth au milieu de la guerre".

Marine Le Pen a ensuite exhorté ses militants, sur un ton combatif, à mener une campagne "énergique" à la "rencontre" des Français. Après avoir salué leurs "sacrifices", elle a promis que leur "pugnacité" serait "récompensée" par la victoire. "Car le peuple mérite qu'on lui offre un avenir qui ne soit pas coincé entre les dealers de la cité du Dr Ayme ou le laxisme de la justice ou la pauvreté", a-t-elle affirmé.

Face à Eric Zemmour, Colette Agnel, sympathisante RN, va "bien étudier tout cela" mais elle soutient encore Marine Le Pen: "Elle parle vrai sur les étrangers qui viennent en France et voudraient nous chasser de chez nous".

"Rien n'est exclu" dit l'ancien candidat RN Dominique Roujon, même s'il revendique "une tradition RN".

Annie Pontet, élue d'opposition à Cavaillon, pense elle qu'Eric Zemmour "n'a pas de programme" et "n'est là que pour faire du buzz".

"On verra ce que dira notre parti", tranche une autre militante, Laetitia. "Ah non, ce n'est pas le parti qui va nous dire pour qui voter", répond Dominique Roujon.