Barnier veut une France qui pèse sur les grands défis

L’ex-négociateur de l’UE affirme avoir l’ambition de faire respecter son pays.

Barnier veut une France qui pèse sur les grands défis
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Michel Barnier, qui espère porter les couleurs de la droite à la présidentielle de 2022, a défendu dimanche le projet européen en parlant d'une "mutualisation de nations". C'est cette idée qui "résume ou exprime ce que je pense du projet européen", a affirmé sur CNews , Europe 1 et Les Échos l'ancien négociateur de l'UE pour le Brexit.

Il y a selon lui "des défis et des menaces qui pèsent sur notre société qu'on ne peut affronter seuls" tels que le réchauffement climatique, le terrorisme ou la finance mondiale, a-t-il ajouté. Et "il y a une table autour de laquelle va s'organiser l'ordre ou le désordre du monde dans les 30 ans qui viennent", où "sont assis les Américains, les Chinois, l'Inde, la Russie, le Brésil" mais le risque est que "nous allons être éliminés de cette table" .

"D'ici 30 ou 40 ans, il n'y aura peut-être plus que l'Allemagne, et encore", "et je n'ai pas envie que la France soit spectatrice des décisions prises par les autres", a-t-il mis en garde.

Après la retentissante décision de la Cour constitutionnelle polonaise contestant la primauté du droit européen, il a affirmé que "les Polonais ont accepté d'entrer dans l'UE, ils ont accepté les traités. Dix-sept ans après, ils disent "on peut ne plus reconnaître ces traités", c'est un problème".

Interrogé sur le Brexit et la crise de la pêche avec les Britanniques, il a adressé à ceux-ci une mise en garde : "S'ils ne veulent plus respecter leur accord, il y aura des sanctions" et "peut-être que l'accord global va tomber", ce qui entraînerait de "rétablir des tarifs douaniers et des quotas".

Soixante ans après le massacre d'Algériens du 17 octobre 1961, il a estimé qu'"on a un devoir de vérité après une tragédie de cette nature qui n'est pas excusable", au lendemain de la reconnaissance par Emmanuel Macron de "crimes inexcusables". Mais lors de la guerre d'Algérie "il y a eu des victimes des deux côtés" et "je ne donnerai pas dans la repentance", "la réconciliation exige qu'on soit deux".

Interrogé enfin sur le risque d'effacement de LR, il a estimé que "oui, il y a un risque, qui est paradoxal, car notre famille politique est celle dont le projet correspond à ce que souhaitent les Français" et que "nous avons le plus de militants et d'élus locaux".