"La gauche fait comme si elle avait déjà perdu ces élections", déplore François Hollande

"La gauche fait comme si elle avait déjà perdu" la présidentielle, a déploré mercredi sur France Inter l'ex-président François Hollande, estimant qu'Emmanuel Macron était en haut des intentions de vote parce qu'il "n'y a pas d'alternative sérieuse".

"La gauche fait comme si elle avait déjà perdu ces élections", déplore François Hollande
©AFP

"La gauche fait comme si elle avait déjà perdu ces élections", et certains disent "+on va enjamber la présidentielle, et nous allons préparer les législatives+. Mais il n'est pas possible de gagner aux législatives quand on a été morcelé à la présidentielle", estime François Hollande.

Pour l'ex-président, il est pourtant "possible d'avoir une majorité électorale pour la gauche. Ceux qui sont difficiles à concilier hélas, ce sont les appareils partisans, et un certain nombre de personnalités qui ne veulent pas l'unité".

Il a réitéré les critiques formulées dans son livre "Affronter" paru ce mercredi, concernant Jean-Luc Mélenchon: "Oui c'est un fardeau pour la gauche", "par ses positions, par sa personnalité" il "interdit un programme et un gouvernement communs".

"Au secours le zombie Hollande est de retour. Plus méchant que jamais il mord tout ce qui bouge. Changez de trottoir quand il passe", a réagi le leader LFI sur Twitter.

Pour que la gauche puisse arriver au pouvoir, François Hollande considère encore qu'il faut "une personnalité, une candidature, que j'estime devoir être social-démocrate, pour être la force principale autour de laquelle l'union se fait au second tour".

Mais pour l'instant, juge-t-il, "il n'y a pas de début de campagne" d'Anne Hidalgo, "c'est dans les semaines qui viennent qu'il y aura l'affirmation d'un projet".

Interrogé sur son rôle dans l'état de la gauche, il répond: "La gauche je l'ai laissée il y a cinq ans, je veux bien croire à ma responsabilité (...) mais depuis cinq ans, est-ce que la gauche a travaillé, a bâti un programme ?".

De vives critiques

Les commentaires de M. Hollande, qui avait déjà brocardé lundi, dans le journal Le Parisien, les "candidatures lilliputiennes" à gauche et Emmanuel Macron, "un voyageur sans boussole", ont suscité de vives critiques à gauche et dans la majorité mercredi.

"François Hollande nous a habitués depuis quatre ans à être très critique vis-à-vis du président de la République, du gouvernement, pour des raisons qui lui appartiennent", a réagi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, ancien du PS.

"Ce qui me semble assez nouveau dans la séquence récente, c'est la vigueur de ses attaques vis-à-vis de son propre camp ou de ses propres amis, tant et si bien qu'à un moment, on finit par se dire, il n'y a pas grand monde qui trouve grâce aux yeux de François Hollande, si ce n'est François Hollande", a-t-il ajouté lors de son compte-rendu à la sortie du Conseil des ministres.

"Chez François Hollande l'amertume est plus forte que tout. Il démolit son camp, étrille ses adversaires, étale sa rancoeur, mais jamais ne se place à la hauteur de ce que devrait être celle d'un ancien président. Il est devenu le commentateur aigri de la vie politique du pays", a commenté le député LREM Pieyre-Alexandre Anglade.

Lieutenant de M. Mélenchon, le député LFI Adrien Quatennens l'a qualifié de "fossoyeur de la gauche".

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