De Croo met en garde le Premier ministre polonais contre "un jeu dangereux"

Lors d'un discours prononcé mercredi au collège d'Europe de Bruges, le Premier ministre Alexander De Croo a mis en garde son homologue polonais contre une escalade du conflit à propos des règles de base de l'État de droit et du projet européen.

De Croo met en garde le Premier ministre polonais contre "un jeu dangereux"
©AFP / FLEMAL JEAN-LUC
Belga

"À ceux qui donnent des interviews incendiaires dans le Financial Times et pensent qu'il est nécessaire de déclarer une nouvelle guerre mondiale, je veux dire : vous jouez à un jeu dangereux, vous jouez avec le feu lorsque vous partez en guerre contre vos collègues européens pour des raisons de politique intérieure". Alexander De Croo évoquait les mots durs de Mateusz Morawiecki dans l'édition de lundi du journal financier britannique.

M. Morawiecki a menacé d'utiliser "tous les moyens disponibles" si l'Union européenne continue de s'opposer aux réformes judiciaires que son gouvernement nationaliste a mises en œuvre dans son pays. Selon le gouvernement polonais, elles sont nécessaires pour éradiquer la corruption. Mais, selon l'UE, elles sapent la séparation des pouvoirs dans le pays. Le différend a atteint son paroxysme lorsque la Cour constitutionnelle de Varsovie, à la suite d'une question de M. Morawiecki, a statué que certaines parties des traités européens violaient la constitution polonaise.

Selon Alexander De Croo, cette attaque est "totalement inacceptable". "Une écrasante majorité d'États membres, des États baltes au Portugal, conviennent que notre Union est une union de valeurs, pas un distributeur automatique". Selon lui, un "Polexit" n'est toutefois pas la solution pour sortir de l'impasse. "Nous devons les contester. Nous ne devons pas tomber dans leur piège, mais écouter le message des 100.000 citoyens polonais qui sont descendus dans la rue avec les drapeaux polonais et européens, côte à côte", a déclaré le Premier ministre.

Selon Alexander De Croo, les États membres ne devraient pas laisser cette bataille à la Commission européenne et à la Cour européenne de justice. "Il s'agit d'un problème politique fondamental qui requiert une solution politique, de la part du Conseil et du Parlement européen : en énonçant et en consacrant les règles de base de notre Union, l'État de droit, la démocratie et tous les droits fondamentaux - des choses qui ont été prises pour acquises depuis si longtemps. Et en rendant ces règles de base applicables, mieux qu'elles ne le sont actuellement."

Sur le même sujet