Présidentielle française: à droite, la "course à la carte" est lancée

C'est la course à la carte, mais tout le monde le fait!" Chez les candidats pour la présidentielle Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou Michel Barnier, on exhorte à adhérer à LR, qui a vu ses effectifs bondir depuis un mois.

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Présidentielle française: à droite, la "course à la carte" est lancée
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L'enjeu est de taille pour chacun des concurrents: sortir en tête du congrès prévu du 1er au 4 décembre, où les militants désigneront le candidat de la droite pour 2022.

Pour pouvoir voter et départager au total six candidats (Éric Ciotti, Philippe Juvin et Denis Payre s'ajoutant aux trois premiers), il faut adhérer à LR d'ici au 16 novembre.

Et depuis que le parti a tranché pour cette méthode, le 25 septembre, le nombre de ses adhérents a bondi, passant de 79.000 à presque 100.000 (99.138 lundi).

"On pourrait dépasser les 110.000 adhérents, voire 120.000" pour le congrès, se félicite le parti en interne.

Une bouffée d'air pour ce mouvement tombé à 60.000 adhérents en 2019, après en avoir totalisé "237.000 à jour de cotisation il y a cinq ans", rappelait lundi le président de LR Christian Jacob.

Pour la seule journée de lundi, LR a enregistré 609 adhésions, dont 182 en Ile-de-France.

Deuxième plus grosse fédération, Paris affiche "la plus forte progression de France" avec 1.800 adhérents supplémentaires revendiqués, ce que certains relient à l'implantation régionale de la présidente d'île-de-France Valérie Pécresse.

"Ca mobilise fort dans les fédérations des candidats", assure une élue.

En Savoie, bastion de Michel Barnier, le nombre d'adhérents a doublé par rapport aux 414 de fin septembre.

Dans le Nord, fief de Xavier Bertrand, la hausse dépasse 20% à plus de 2.000 militants. Quant aux Alpes-maritimes, la fédération présidée par Eric Ciotti reste la première de France (avec plus de 7.000 adhérents).

Car dans tous les camps, on s'emploie à "faire des cartes", stratégie discrète mais cruciale alors que la pré-campagne a pris son rythme de croisière avant les débats télévisés.

"Je ne vois pas bien comment les lignes vont bouger à part sur les adhésions", estime une élue. Mais "si le corps électoral change, ça change la donne".

"Tour préliminaire"

L'arrivée de nouveaux adhérents pourrait jouer sur l'importance prêtée à la loyauté par les adhérents historiques: un facteur qui favoriserait Michel Barnier au détriment de Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, fraîchement revenus vers LR après s'en être éloignés.

"Le fait que Michel Barnier soit sur les rangs, ça fait revenir vers LR", assure-t-on dans le camp de l'ancien négociateur pour le Brexit.

Aussi chacun, sur son site et en meeting, appelle-t-il à prendre sa carte chez LR.

"Si vous voulez m'aider, il faut adhérer", a lancé mardi Michel Barnier lors d'un meeting de campagne. "Pour voter, il faut être a jour de cotisation, donc il faut adhérer ou réadhérer", a rappelé aussi lundi soir Valérie Pécresse à Bourges.

Dans son camp, une vaste campagne de phoning a été lancée, de jeunes volontaires étant chargés d'appeler l'intégralité des 10.000 sympathisants de son mouvement Libres! d'ici le 16 novembre. Soit 400 à 500 appels par jours, passés avec un certain succès selon son entourage puisque "de 50 à 60% des retours sont positifs".

Des SMS vont également être envoyés.

Côté Bertrand, "on mobilise les référents départementaux, à la fin des meetings on a des formulaires sur la table" et "si on fait 10 ou 20 adhésions, ça compte", explique un élu.

Autre piste privilégiée par les bertrandistes: les réseaux professionnels, patrons de PME... "Ce sont des gens qui ont de gros réseaux, qui sillonnent la France". Et l'argumentaire est clair: "si vous voulez que ce soit Xavier Bertrand le candidat, il faut s'engager. C'est bien beau de dire +il est le mieux placé au deuxième tour+ mais encore faut-il qu'il passe le tour préliminaire!"

Chez Michel Barnier, on mise aussi sur les référents départementaux chargés de mobiliser à l'approche de la date butoir. "Et c'est beaucoup plus facile à trouver aujourd'hui qu'il y a trois semaines", assure un proche.