Attentats de Paris: la mère de l'un des kamikazes du Bataclan jugée jeudi

La mère de Foued Mohamed Aggad, un des trois kamikazes du Bataclan, doit être jugée pour "financement du terrorisme" jeudi à Paris avec la compagne de son fils, poursuivie pour "association de malfaiteurs terroriste", a-t-on appris mardi de source judiciaire.

Attentats de Paris: la mère de l'un des kamikazes du Bataclan jugée jeudi
©AP
AFP

Fatima Hajji, âgée de 53 ans, doit comparaître devant le tribunal correctionnel pour avoir versé de l'argent à son fils et à sa femme, alors installés en zone irako-syrienne, en 2014 et 2015.

Hajira Belkhir est poursuivie pour "association de malfaiteurs terroriste" lorsqu'elle était en Turquie, en Irak et en Syrie entre 2014 et 2017.

La jeune femme, née en janvier 1992, est présumée morte: elle aurait été tuée début 2018 dans un bombardement avec la fille qu'elle a eue en 2015 en Irak avec le kamikaze, selon le quotidien Les Dernières nouvelles d'Alsace.

Originaire de Wissembourg (Bas-Rhin), Foued Mohamed Aggad était parti en Syrie en décembre 2013 avec d'autres membres de la filière dite strasbourgeoise. Hajira Belkhir, originaire de Strasbourg, l'avait rejoint en mars 2014 et épousé religieusement.

Après son départ, Foued Mohamed Aggad avait conservé des contacts réguliers avec sa mère et sa famille.

En juin, six membres de sa famille, dont sa mère et sa tante, avaient été interpellés dans le cadre d'une enquête préliminaire du parquet national antiterroriste pour "financement du terrorisme". Ils étaient soupçonnés d'avoir transféré des fonds au couple en 2014 et 2015.

À l'issue de leur garde à vue, ils avaient été relâchés sans poursuite, le temps que les supports numériques saisis lors des perquisitions soient exploités. Finalement, l'enquête n'a retenu que l'implication de la mère de Foued Mohamed Aggad.

"Dans ses échanges avec sa mère, il indiquait que, s'il devait rentrer en France, ce serait uniquement pour commettre un attentat", selon des éléments de l'enquête sur les attentats du 13-Novembre, dont le procès se déroule actuellement devant la cour d'assises spéciale.

Foued Mohamed Aggad avait coupé les ponts avec sa famille à la fin du mois d'août 2015, après lui avoir annoncé qu'il allait "mourir en martyr", selon des notes de la police.

Il était rentré clandestinement en France à l'été 2015 pour devenir l'un des trois assaillants morts lors de l'attentat au Bataclan.

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