Hamza Attou interrogé au procès des attentats de Paris : "J'agis et ensuite je réfléchis"

La cour d'assises spéciale de Paris qui juge 14 accusés pour leur participation aux attentats djihadistes qui ont ensanglanté la capitale française et Saint-Denis le 13 novembre 2015 et fait 130 morts a entendu mercredi le Belgo-Marocain Hamza Attou.

Hamza Attou interrogé au procès des attentats de Paris : "J'agis et ensuite je réfléchis"
©AP

Cet homme de 27 ans avait été arrêté à Bruxelles au lendemain des attentats parisiens. Il avait accompagné Mohammed Amri pour aller chercher Salah Abdeslam - le principal accusé et seul survivant du commando terroriste qui a perpétré les attentats -, qui se trouvait toujours en région parisienne, pour le ramener à Bruxelles. Il comparaît pour "recel de terroriste".

Hamza Attou a notamment raconté qu'il avait commencé à consommer du cannabis à l'âge de 14 ans, alors qu'il suivait une formation de menuiserie, dont il s'est progressivement éloigné, selon des médias français.

"Je ne travaillais pas les cours, jamais assez, à chaque fois, ça c'est soldé par un échec", a-t-il déclaré. Après des redoublements, puis des changements d'établissements, Hamza Attou abandonne complètement l'école. "Du jour au lendemain j'ai baissé les bras, j'ai pas fini mon année", a-t-il ajouté, expliquant qu'il fumait jusqu'à cinq grammes de cannabis par jour.

Il enchaîne alors une série de petits boulots, "mais ça ne suffisait pas à payer ma consommation". En 2013, l'accusé entame un nouveau travail, au noir: "J'ai trouvé un petit café (à Molenbeek-Saint-Jean) qui était tenu par Brahim Abdeslam (le frère de Salah). Je vendais de la résine de cannabis pour lui, je lui rendais des services, en lui achetant à manger, en faisant ses courses. J'y trouvais mon compte, ça me permettait d'avoir ma consommation", a-t-il expliqué.

Avec les frères Abdeslam, il développe une amitié, tout en maintenant des liens de "patrons-employés" jusqu'à la fermeture de l'établissement en août 2015. C'est ainsi par le biais de Brahim qu'il a fait la connaissance de Salah Abdeslam.

Hamza Attou n'a jamais été poursuivi en Belgique pour cette activité. "J'aurais largement préféré être arrêté pour ça", a-t-il admis devant la cour d'assises spéciale.

Après son interpellation à la suite des attentats, Hamza Attou passe deux ans en détention, puis est libéré sous contrôle judiciaire en mai 2018 - avec six violations du contrôle judiciaire notifiées dans son casier judiciaire.

"Je sais que je n'ai pas respecté la loi, mais toutes mes violations n'ont pas été faites dans une volonté de défier la loi", a-t-il dit. La plupart du temps, celles-ci se déroulaient la nuit, sur fond d'alcool et de cannabis. "J'agis et ensuite je réfléchis. C'est aussi à cause de ça que je me retrouve ici. Je ne vous mens pas que j'aurais préféré ne pas être là. Des fois je prends conscience après les faits", a-t-il admis durant l'audience de mercredi.

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