"Sa langue dans ma bouche en une poignée de secondes": huit femmes accusent PPDA de viol, d'agression sexuelle et de harcèlement

Ce mardi, huit femmes ont témoigné - dont sept à visage découvert- pour accuser Patrick Poivre d’Arvor d'agression sexuelle, de harcèlement et de viol.

C'est dans un article publié par Libération que huit femmes, dont sept à visage découvert, ont accepté de témoigner. Elles accusent l'ancien présentateur de TF1 de "viol", "agression sexuelle" ou "harcèlement".

Elles ont décidé de témoigner après avoir appris la décision du parquet de Nanterre, qui a classé le dossier sans suite, en raison d'une insuffisance de preuves. "Elles ont été choquées par le classement sans suite de l’enquête préliminaire ouverte en février dernier suite à la plainte pour viol déposée par Florence Porcel”, écrit le quotidien.

Dans leurs témoignages, PPDA est décrit comme un prédateur sexuel qui abuse de sa notoriété et qui utilise un "mode opératoire similaire dans l'approche de ses victimes et dans la brutalité de ses actes, commis sans la moindre tentative de séduction, ni la moindre considération envers les femmes qui osaient refuser ses avances".

"Sa langue dans ma bouche en une poignée de secondes": huit femmes accusent PPDA de viol, d'agression sexuelle et de harcèlement
©Libération


"Ce qui me choque le plus, c'est le regard amusé de mes chefs. Je suis humiliée d'être jaugée comme la prochaine qui passera à la casserole", confie Cécile Delarue, journaliste et autrice de 43 ans.

"Il m'oblige à me baisser et enfonce son sexe dans ma bouche. Je pesais 30 kilos, j'étais anorexique. Il était impossible de ne pas le voir", témoigne Stéphanie Khayat, journaliste.

Helène Devynck, une scénariste, était assistante éditoriale de PPDA: "J'ai annoncé à PPDA que je voulais arrêter notre collaboration. Il a fait le tour de la rédaction pour dire que je suis nulle".

"Je me débats. Il est physiquement plus fort que moi. Je lui lance: "Si tu ne me lâches pas, demain toute la rédaction est au courant". A ces mots, "il disparaît", lâche-t-elle.

"En une poignée de secondes, sa langue était dans ma bouche, une de ses mains dans mon soutien-gorge, les doigts de l'autre dans mon sexe. La porte était ouverte", relate une autre femme qui préférait rester anonyme.

Muriel Reus, une dirigeante de société qui était à l'époque directrice adjointe d'une filiale de TF1, a aussi raconté ce qui lui est arrivé. "Le lendemain matin, j'appelle Patrick Le Lay, PDG de TF1 à l'époque. Il me répond: 'Non, il a osé aussi avec toi'".

Aude Darlet, employée dans une compagnie aérienne a aussi été confrontée à PPDA. "J'ai raconté cette histoire à tout le monde. Je n'ai jamais lâché. Elle n'est jamais sortie. L'omerta est-elle due à la puissance de cet homme?", s'interroge-t-elle.

"A l'époque, je pensais que personne ne me croirait. Si mes paroles étaient prêtes à sortir, vos oreilles n'étaient pas prêtes à les entendre", confie aussi Emmanuelle Dancourt, une journaliste de 47 ans.

De son côté, l'ancien présentateur phare a rappelé auprès de nos confrères que la décision de justice lui était favorable, estimant que l'article a pour but de "contourner médiatiquement une décision judiciaire, ce qui semble regrettable, inquiétant et dangereux".

Florence Porcel aurait décidé de déposer une nouvelle plainte pour viol avec constitution de partie civile.