Tensions aux frontières du Bélarus : "Il est grand temps d'en tirer les conséquences"

Le ministre allemand des Affaires étrangères a jugé jeudi qu'il était "grand temps de tirer les conséquences" de la crise des migrants que le Bélarus est accusé d'orchestrer aux frontières de l'Europe, en étendant les sanctions de l'UE contre Minsk.

Tensions aux frontières du Bélarus : "Il est grand temps d'en tirer les conséquences"
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"Nous sommes dans une situation où il est grand temps de tirer les conséquences maintenant. Nous voulons le faire avec nos partenaires européens", a expliqué Heiko Maas devant les députés du Bundestag allemand.

Il a ajouté que "l'Union européenne va étendre et renforcer ses sanctions contre le régime de Loukachenko".

M. Maas a indiqué qu'une décision en ce sens sera prise lundi lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des 27 pays membres de l'Union européenne à Bruxelles.

La veille, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait affirmé "qu'au début de la semaine prochaine, il y aura un élargissement des sanctions" contre Minsk.

Outre l'extension des sanctions contre des personnalités proches du président biélorusse, le ministre allemand s'est déclaré en faveur de mesures contre "des secteurs économiques aussi importants que l'industrie de la potasse", pilier de l'économie du Bélarus.

Le pays est en effet le deuxième exportateur mondial de potasse, un ingrédient de la fabrication d'engrais.

Il a également émis l'idée de sanctionner des compagnies aériennes, notamment Belavia, détenue par l'Etat bélarusse, et plusieurs agences de voyage, accusées d'organiser l'afflux de migrants vers l'UE.

Les sanctions individuelles du bloc européen contre des responsables du régime bélarusse visent actuellement 166 personnes, dont le président Alexander Loukachenko et deux de ses fils. Elles consistent en un gel des avoirs et une interdiction d'entrée dans l'UE.

Depuis lundi, les tentatives de passage en Pologne depuis le Bélarus de centaines de migrants, originaires principalement du Proche-Orient, ont déclenché une grave crise.

Varsovie a déployé 15.000 soldats dans la zone, en plus de policiers et de garde-frontières.

Les Européens accusent le président bélarusse Alexandre Loukachenko d'avoir sciemment orchestré cette situation en délivrant depuis des mois des visas à des migrants et en les acheminant à la frontière pour se venger de sanctions européennes.

En représailles, Alexandre Loukachenko a affirmé jeudi que son pays répondrait à toute nouvelle sanction européenne.

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