L’Autriche devient le premier pays européen à confiner ses non-vaccinés

L’objectif du gouvernement est d’augmenter la couverture vaccinale.

Des centaines de milliers d’Autrichiens non vaccinés seront confinés à partir de ce lundi, en raison d’une hausse spectaculaire des contaminations au Covid-19. Telle est la décision annoncée dimanche par le chancelier Alexander Schallenberg après concertation avec les gouverneurs provinciaux. L’Autriche devient ainsi le premier pays européen à distinguer vaccinés et non-vaccinés dans les mesures de quarantaine.

"La situation est grave […] Nous ne prenons pas cette mesure le cœur léger mais malheureusement elle est nécessaire", a déclaré le chancelier conservateur, issu du Parti populaire autrichien (ÖVP). "Il faut briser le cercle vicieux de la pandémie." Il a le soutien des Verts, l'autre partenaire de coalition au pouvoir, tandis que le troisième parti, celui de la Liberté (FPÖ, extrême droite) accuse le gouvernement de "fascisme Corona".

Les chiffres sont pourtant alarmants. Plus de 11 550 nouvelles contaminations et dix-sept décès supplémentaires ont été enregistrés dimanche. Elles s’ajoutent aux 13 100 contaminations observées samedi, du jamais-vu depuis le début de la pandémie. Ces nouvelles contaminations touchent en majorité les non-vaccinés. Or seulement 64,59 % de la population autrichienne a reçu les deux doses de vaccin, selon les données diffusées dimanche par la Johns Hopkins University, un taux plus bas qu’en Belgique (75 %) et en Allemagne (67,53 %) mais quasi-égal à la Suisse (65,42 %).

Le gouvernement autrichien ne cache pas que son souhait est d’inciter les récalcitrants à se faire vacciner au plus vite. Le ministre de la Santé (Verts) se donne dix jours pour juger l’effet de la mesure.

Faisabilité mise en doute

Concrètement, les sorties des non-vaccinés sont limitées à ce qui est jugé essentiel : courses alimentaires, sport, soins médicaux et psychologiques, soins aux animaux, visites au cimetière… L'ordonnance prévoit même le cas où le non-vacciné est confronté à "un danger immédiat pour la vie, l'intégrité physique et les biens", selon le journal Der Standard.

Plusieurs responsables politiques en Autriche mettent en doute la faisabilité d'une telle mesure. Dès lors, le gouvernement met la pression. Il annonce des contrôles inopinés "d'une ampleur sans précédent". Il promet une amende de 500 euros aux contrevenants et de 1 450 euros pour ceux qui refuseraient de se soumettre aux contrôles. Chaque Autrichien de plus de 12 ans devra montrer son certificat de vaccination ou apporter la preuve qu'il a attrapé le Covid endéans les 180 derniers jours. L'étau se referme progressivement sur les non-vaccinés, déjà bannis des restaurants, hôtels et salons de coiffure.

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