Crise migratoire à la frontière biélorusse : Syriens, Irakiens, Afghans et Yéménites interdits de vol depuis Dubaï, l'UE va durcir les sanctions

De premières décisions sont prises pour tenter de réguler l'afflux de migrants.

AFP

La compagnie aérienne bélarusse Belavia a annoncé que Syriens, Irakiens, Afghans et Yéménites étaient désormais interdits de vol depuis Dubaï vers le Bélarus, pays accusé d'acheminer des migrants vers l'Europe.

"Conformément à la décision des autorités compétentes des Emirats arabes unis, les citoyens d'Afghanistan, d'Irak, de Yémen et de Syrie ne seront pas autorisés à partir du 14 novembre 2021 à bord des vols en provenance de Dubaï à destination du Bélarus", a indiqué Belavia dans un communiqué, publié dimanche.

De son côté, Alexandre Loukachenko a affirmé que Minsk travaille "activement" à faire rentrer dans leurs pays les migrants coincés à la frontière UE-Bélarus, tout en relevant qu'ils étaient "têtus" et ne souhaitaient pas partir.

"Nous sommes prêts, comme nous l'avons toujours fait, à les mettre tous dans des avions (...) qui les ramèneront à la maison", a dit le président, selon l'agence d'Etat Belta. "Un travail actif est en cours pour convaincre ces gens, +s'ils vous plait rentrez+, mais personne ne veut rentrer", a-t-il ajouté.

Des milliers de migrants, la plupart originaires du Moyen-Orient, campent depuis plusieurs jours à la frontière entre la Pologne et le Bélarus, sous des températures glaciales.

"Je tiens à le souligner, nous ne voulons aucun conflit à notre frontière. Ce serait pour nous absolument dommageable", a aussi déclaré M. Loukachenko, toujours selon Belta, accusant en parallèle la Pologne "d'avoir besoin" de cette crise à cause de ses "problèmes internes" et de tensions avec ses partenaires de l'UE.

L'UE accuse Minsk d'avoir organisé ces mouvements migratoires, en délivrant des visas et en affrétant des vols, pour se venger des sanctions occidentales imposées au régime d'Alexandre Loukachenko l'an dernier après la brutale répression d'opposants.

Bagdad organise un 1er vol de rapatriement d'Irakiens jeudi

Le gouvernement irakien a annoncé l'organisation jeudi d'un premier vol de rapatriement de migrants irakiens coincés à la frontière entre le Bélarus et la Pologne "sur la base du volontariat"."L'Irak effectuera un premier vol pour ceux qui souhaitent rentrer volontairement le 18 de ce mois" depuis le Bélarus, a déclaré Ahmed al-Sahaf, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, à la télévision publique irakienne dans la nuit de dimanche à lundi.

Il n'a pas précisé combien de personnes allaient embarquer sur ce vol Minsk-Bagdad. En revanche, l'Irak "a recensé 571 Irakiens" bloqués à la frontière polono-bélarusse qui se sont dit prêts à regagner "volontairement" l'Irak, a expliqué M. Sahaf.

Ces Irakiens, originaires pour la plupart de la région autonome du Kurdistan d'Irak, font partie d'un groupe de milliers de migrants du Moyen-Orient qui campent à la frontière entre le Bélarus et la Pologne, pays membre de l'Union européenne.

Les liaisons aériennes régulières entre Bagdad et Minsk sont suspendues depuis le mois d'août et les consulats du Bélarus à Bagdad et Erbil, capitale du Kurdistan d'Irak, sont fermés depuis un peu plus d'une semaine.

Ces mesures, a expliqué M. Sahaf, "ont réduit les voyages d'Irakiens (vers le Bélarus, ndlr), mais le problème est que certains s'y rendent désormais sur des vols indirects, en passant par la Turquie, le Qatar, les Emirats et l'Egypte".

Les migrants kurdes irakiens disent fuir les difficultés économiques et l'instabilité qui accablent leur région, située dans le nord de l'Irak.

Certains d'entre eux, interrogés par l'AFP, disent vouloir entrer en Pologne pour se diriger ensuite vers l'Allemagne ou la Grande-Bretagne dans l'espoir d'y trouver de meilleures perspectives économiques.

Leur sort est source d'impasse dans les relations entre l'Union et les États-Unis d'un côté, et de l'autre le Bélarus soutenu par la Russie, son alliée.

Le vice-président de la Commission européenne Margaritis Schinas doit se rendre lundi à Bagdad pour évoquer cette crise migratoire.

L'UE va "durcir les sanctions"

L'Union européenne va "durcir les sanctions" contre le Bélarus accusé d'organiser un afflux de réfugiés à la frontière polonaise pour faire pression sur l'Europe, a annoncé le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas lundi avant une réunion à Bruxelles.

Le président bélarusse Alexandre "Loukachenko exige que nous supprimions toutes les sanctions. Nous donnerons notre réponse aujourd'hui : nous allons encore durcir les sanctions", a déclaré M. Maas, à son arrivée pour une réunion des 27 ministres des Affaires étrangères de l'UE.

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