Quand #MeToo s'attaque à la politique française: trois candidats à la présidentielle visés par des accusations

Les trois hommes politiques ont été visés par une tribune appelant à un #MeToo politique.

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Photo d'illustration ©ABACAPRESS

"Nous, femmes travaillant dans le milieu politique, élues, collaboratrices, fonctionnaires, responsables associatives, militantes qui côtoyons régulièrement les hommes politiques, mais avant tout citoyennes, appelons le monde politique à une réponse d'ampleur aux violences sexuelles et sexistes commises par nos représentants", commente le texte, publié à quelques mois de la présidentielle. Signée par 285 femmes engagées en politique, dont Sandrine Rousseau (EELV) et Danièle Obono (LFI), la tribune publiée par Le Monde ce lundi appelle au lancement d'un "#MeToo politique".

Trois (potentiels) candidats concernés

"Trois candidats ou potentiellement candidats à l'Elysée sont déjà cités dans de nombreux témoignages d'agressions sexuelles. Cela ne les empêche pas, loin de là, de considérer qu'ils sont dignes d'occuper la magistrature suprême", soutiennent ensuite les signataires. "C'est dire à quel point la condition des femmes et des victimes leur est indifférente". Si le texte ne les nomme pas, plusieurs candidats (ou potentiels candidats) ont déjà fait l'objet d'accusations de ce genre : François Asselineau, Jean Lassalle et Eric Zemmour.

Le fondateur et président de l'UPR, François Asselineau, est mis en examen depuis février 2021 pour agressions sexuelles par personne ayant autorité, harcèlement sexuel et moral, et intimidation d'une victime. L'homme politique a été placé sous contrôle judiciaire. Deux anciens collaborateurs assurent avoir reçu des déclarations amoureuses et des menaces de mort de la part du candidat. L'un d'entre eux affirme avoir été embrassé pendant son sommeil par François Asselineau, tandis que l'autre affirme que l'homme politique avait essayé de l'embrasser de force. Le candidat a démenti les faits et assurait en octobre qu'il "ne pensait pas" que sa mise en examen puisse lui causer du tort lors de l'élection présidentielle.

Jean Lassalle, quant à lui, est accusé d'avoir mis une main aux fesses de la directrice de communication du Parti communiste français, Julia Castanier. Elle s'était exprimée sur Twitter en 2017, lors de l'émergence du hashtag #balancetonporc. L'intéressé avait démenti les faits, assurant à Mediapart que mettre une main aux fesses n'était pas dans ses habitudes. Une journaliste avait également assuré que le candidat avait essayé de l'embrasser sans prévenir, après une interview au Japon en 2007. Encore une fois, l'homme politique avait démenti les faits.

Enfin, des accusations d'agressions sexuelles concernent Eric Zemmour. Si le candidat n'est pas encore officiellement déclaré, plusieurs femmes ont parlé au site Mediapart pour dénoncer l'attitude du polémiste d'extrême droite. L'une d'entre elles assure avoir été embrassée de force par Eric Zemmour, sans avoir jamais porté plainte à l'époque. D'autres témoignages accusent l'homme de diverses agressions sexuelles, qu'il réfute. Selon son avocat, Me Olivier Pardo, ces accusations seraient "un passage obligé dans un moment de campagne politique".

De nombreux témoignages sur les réseaux sociaux

Depuis la publication de la tribune, les témoignages affluent sur les réseaux sociaux via le #MeTooPolitique, utilisé par de nombreuses internautes. "Une fois, un actuel candidat aux présidentielles, m'a dit avec son accent du terroir qu'il avait bien regardé mes fesses, et qu'à n'en pas douter elles rentreraient dans une seule de ses mains", écrit par exemple Mathilde Viot, secrétaire générale du groupe LFI au Conseil régional IDF.

De nombreuses marques de soutien déferlent sur les réseaux. "

Il reste encore tant à faire, dans tous les domaines. Dans le champ politique aussi, où le pouvoir exacerbe la tentation de domination. Soutien à toutes les élues et militantes qui s’engagent dans ce #MeTooPolitique

", écrit Cécile Duflot, ancienne députée française.

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