Heurts aux Pays-Bas après une manifestation anti-restrictions Covid, plusieurs émeutiers arrêtés et cinq policiers blessés

De nouvelles manifestations ont eu lieu samedi aux Pays-Bas contre les mesures sanitaires, au lendemain d'une "orgie de violence" ayant frappé Rotterdam où 51 personnes ont été arrêtées et plusieurs personnes ont été blessées.

Heurts aux Pays-Bas après une manifestation anti-restrictions Covid, plusieurs émeutiers arrêtés et cinq policiers blessés
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A Breda (sud), près de la frontière belge, environ 300 personnes ont défilé dans les rues de la ville, portant des pancartes disant "Non au confinement" et s'opposant au projet du gouvernement de restreindre l'accès des personnes non-vaccinées à certains lieux, notamment les bars et les restaurants.

Plusieurs centaines de manifestants se sont aussi rassemblés sur la place du Dam, dans le centre de la capitale Amsterdam, encadrés par une présence policière antiémeute massive, selon les images des médias néerlandais et des réseaux sociaux.

L'organisation anti-mesures sanitaires United We Stand Europe avait pourtant annulé la manifestation qu'elle prévoyait à Amsterdam, expliquant que la maintenir "ne nous semblait pas juste" après le chaos qui a frappé le centre de la deuxième ville du pays, Rotterdam, vendredi soir.

Là, une manifestation a tourné à l'émeute, "Deux émeutiers ont été blessés lorsqu'ils ont été touchés par une balle. Ils sont toujours à l'hôpital", a déclaré la police néerlandaise, ajoutant qu'une enquête serait menée pour déterminer "si les blessures ont été causées par des balles de la police".

"Des coups de semonce ont été tirés à plusieurs reprises. À un moment donné, la situation est devenue si dangereuse que les agents se sont sentis obligés de tirer sur des cibles", a indiqué la police.

Des émeutiers ont tiré des feux d'artifice et détruit des feux de circulation dans le quartier du Schilderswijk. Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées et au moins sept blessées, dont deux par balle. Cinq policiers ont également été blessés. L'un d'eux souffre d'une commotion cérébrale ainsi que d'une blessure au genou et a dû être transporté à l'hôpital en ambulance. Outre la police antiémeute, la police montée, des agents à vélo et des chiens policiers ont également été déployés. Deux cavaliers de la police ont subi des dommages auditifs. Deux agents ont également été blessés à la main. De nouvelles scènes de heurts ont eu lieu samedi soir dans plusieurs villes des Pays-Bas. Des appels au rassemblement ont été lancés sur les réseaux sociaux et des feux d'artifice ont en quelques endroits été tirés en direction de la police. Les affrontements entre policiers et manifestants ont débuté à Rotterdam vendredi soir, en signe de protestation contre les mesures sanitaires.

"Horrible à voir"

Le maire de Rotterdam Ahmed Aboutaleb a qualifié les incidents d'"orgie de violence".

"Les émeutes et la violence extrême contre les policiers, la police anti-émeute et les pompiers hier soir à Rotterdam sont horribles à voir", a réagi samedi le ministre néerlandais de la Sécurité et de la Justice, Ferd Grapperhaus, déplorant des destructions "considérables".

"Les hommes et les femmes qui descendent dans la rue tous les jours pour notre sécurité ont été bombardés de pierres et de feux d'artifice", a-t-il déploré dans un communiqué, ajoutant que "la police et le ministère public mettent tout en œuvre pour traquer, poursuivre et punir ces émeutiers".

"Après de grosses perturbations hier (...) l'équilibre est désormais en train de se faire. Il y a beaucoup de dégâts, des personnes ont été blessées et des personnes ont été arrêtées" a déclaré sur Twitter la police locale samedi matin.

Plusieurs personnes ont affirmé sur les réseaux sociaux que quelqu'un serait mort lors de l'émeute à Rotterdam. "Cela n'a été signalé ni de notre côté, ni de la Direction nationale des enquêtes criminelles", a rétorqué la police de Rotterdam.