En France, un maître de conférences qualifie certains étudiants de "quasi-débiles": "J'assume pleinement"

Les propos du professeur ont profondément choqué plusieurs étudiants.

En France, un maître de conférences qualifie certains étudiants de "quasi-débiles": "J'assume pleinement"
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Rififi à l'UBO, l'Université de Bretagne Occidentale implantée à Brest. La semaine dernière, un syndicat étudiant a mis la main sur une lettre au vitriol rédigée par un de leurs maîtres de conférences en droit, économie et gestion. Dans cette missive, destinée originellement à certains membres du personnel, l'homme emploie des mots très durs à l'égard de l'université mais aussi de ses étudiants. Il dénonce le nivellement par le bas causé par le plan "pari" mis en place à l'université, en n'y allant pas par quatre chemins.

Il écrit entre autres que l'université ne "vaut pas un pet de lapin". Qu'en est-il de la crédibilité de l'université, se demande-t-il, lorsqu'elle "amnistie de nombreux étudiants ayant fraudé aux examens en distanciel de l'année dernière". Dans sa lettre, le professeur précise avoir alerté l'université à ce sujet, mais il dit n'avoir récolté qu'une procédure disciplinaire à son encontre "contrairement aux étudiants fraudeurs eux-mêmes : allez comprendre", poursuit-il.

Dans son e-mail ravageur, il a également eu un petit mot pour les étudiants, un "chouette auditorat de quasi-débiles pour certains qui ne savent pas comprendre le sens d'un texte simple et anônnent en lisant." Bref, ironise-t-il, "venez quand même chez nous si vous êtes médiocres car, même si vous fraudez aux examens, vous ne serez pas poursuivis et, en plus, les cours sont allégés".

"Des propos d'une extrême violence"

Pour le syndicat étudiant Une Alternative pour UBO, qui relaie certains passages bien précis mais pas l'intégralité du texte, la teneur des propos du professeur est tout simplement inadmissible. "Ces propos sont une honte. Ils sont d'une extrême violence et condescendance vis-à-vis des étudiants qui sont ici insultés, mais également contre l'ensemble des enseignants et du personnel qui s'investissent dans nos formations."

Contacté par Le Télégramme, le président de l'UBO Matthieu Gallou n'a pas souhaité faire de commentaires. Il a juste précisé que l'affaire était "en instruction" et confirmé la procédure disciplinaire déjà en cours contre le professeur concernant ses précédents propos.

Toujours selon le journal local, le professeur aurait toutefois reçu le soutien de quelques-uns de ses collègues pour qui, effectivement, le plan pari pour "programme d’ajustements en vue d’une reprise des investissements", instauré au sein de l’UBO, a des conséquences néfastes sur l'université. "Il y a une baisse catastrophique du niveau des étudiants", a confié l'un d'entre eux. Pour le syndicat Alternative UBO, ce plan n'est pas non plus une bonne nouvelle puisque l'offre de cours va être réduite. Des étudiants vont d'ailleurs manifester dès mercredi. Ils ne cautionnent toutefois aucunement les propos tenus par leur professeur...

Mais, dans une interview réalisée ce lundi par Le Télégramme, le principal intéressé persiste et signe. "J'assume totalement le contenu de mon texte. Je n'ai pas peur", explique-t-il, ajoutant tout de même avoir reçu plusieurs menaces de mort durant le week-end.

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