La cheffe de l'opposition bélarusse déplore les entretiens Merkel-Loukachenko

La cheffe de l'opposition bélarusse a appelé lundi les dirigeants de l'UE à éviter les contacts avec le président du Bélarus Alexandre Loukachenko, jugeant "étrange" que la chancelière allemande sortante Angela Merkel ait récemment eu avec lui des entretiens téléphoniques.

La cheffe de l'opposition bélarusse déplore les entretiens Merkel-Loukachenko
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AFP

"Quel dialogue peut-on avoir quand des gens sont détenus et torturés quotidiennement? Le vrai dialogue ne peut commencer qu'à partir du moment où tous les prisonniers politiques sont libérés et où la violence cesse", a déclaré Svetlana Tikhanovskaïa à l'occasion d'une conférence internationale à Vienne sur l'avenir de son pays.

Isolé diplomatiquement depuis la répression d'un mouvement de contestation après sa réélection contestée en août 2020, le président bélarusse s'est entretenu à deux reprises la semaine dernière avec Angela Merkel sur le règlement d'une crise migratoire que Minsk est accusé d'avoir orchestrée à la frontière polonaise.

"Je comprends pourquoi cela a eu lieu, pour des motifs humanitaires (...), mais, en tant que bélarusse, du point de vue des Bélarusses, cela a paru très étrange", a souligné Mme Tikhanovskaïa.

Toutefois, a-t-elle poursuivi, "on nous a assuré que ce n'était pas un signe de légitimation du régime et qu'il s'agissait seulement d'aider les personnes bloquées" près de la frontière orientale de l'UE.

Outre le chancelier autrichien Alexander Schallenberg, présent à ses côtés, les ministres des Affaires étrangères de l'Allemagne, de la Pologne, de l'Estonie et de la Slovaquie ainsi que de la Slovénie, qui assure la présidence semestrielle de l'UE, devaient participer à cette réunion, organisée en ligne pour cause de pandémie.

"Aujourd'hui, j'ai demandé aux ministres de s'abstenir de tout contact avec le régime jusqu'à ce que les conditions soient réunies", a encore souligné Svetlana Tikhanovskaïa, craignant qu'un tel dialogue "ne renforce le sentiment d'impunité".

Lundi, M. Loukachenko a accusé les autorités de l'Union européenne de refuser toute discussion sur le sort des deux milliers de migrants.

Angela "Merkel m'a promis qu'ils (les responsables européens, ndlr) allaient examiner ce problème au niveau de l'UE", a assuré le président bélarusse. "Mais ils ne le font pas", a-t-il affirmé.