Omar Raddad, un nouveau procès en vue ?

Trente ans après les faits, la défense espère faire parler l’ADN du "coupable".

Omar Raddad, un nouveau procès en vue ?
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"Omar m’a tuer". Quelques lettres écrites avec le sang de la victime sur un mur de la pièce en sous-sol où a été retrouvée assassinée Ghislaine Marchal, en 1991, ont fait basculer la vie d’Omar Raddad, jardinier au service de cette riche héritière.

Omar Raddad a en effet été condamné en 1994 à 18 ans de réclusion criminelle, sans possibilité de faire appel à l’époque. Le jardinier a ensuite bénéficié d’une grâce présidentielle de Jacques Chirac puis d’une libération conditionnelle en 1998. Une première demande de révision avait été introduite en 1999.

Elle avait débouché sur des expertises graphologiques, qui concluaient à l'impossibilité d'attribuer l'inscription à Mme Marchal, et sur la mise en évidence de deux ADN masculins non identifiés. Mais le 20 novembre 2002, la Cour de révision avait rejeté la demande d'un nouveau procès, estimant qu'"il est impossible de déterminer à quel moment, antérieur, concomitant ou postérieur au meurtre, ces traces ont été laissées".

Les révisions de condamnations pénales restent exceptionnelles en France dans les affaires criminelles. Depuis 1945, une dizaine d’accusés seulement ont bénéficié de leur vivant d’une révision et d’un acquittement.

Nouvelles découvertes

La deuxième requête en révision de la condamnation d’Omar Raddad sera examinée ce jeudi 25 novembre par la Cour de cassation de Paris.

L'ancien jardinier axe sa défense sur de nouvelles analyses d'un ADN trouvé sur deux portes et un chevron de la scène du crime. "Aucune des quatre empreintes génétiques ne correspond à celle d'Omar Raddad", affirmait en juin dernier son avocate, Maître Sylvie Noachovitch. Deux ADN sont parfaitement exploitables et deux autres partiellement. "Ces traces génétiques auraient pu être déposées par l'auteur de l'inscription, qui ne serait alors pas Mme Marchal mais potentiellement le véritable meurtrier", estime la défense d'Omar Raddad qui espère justifier des recherches complémentaires, notamment au sein de la famille de la victime.

Selon le magazine Le Point, Omar Raddad, aujourd'hui âgé de 59 ans, sera présent lors de ce recours. Il sera accompagné de son avocate mais aussi de l'ancien magistrat et député Georges Fenech, qui avait fait voter en 2014 un texte qui a assoupli les conditions de révision d'un procès criminel, et de l'écrivain et académicien français Jean-Marie Rouart, auteur d'Omar Raddad : la construction d'un coupable, publié en 1994 aux éditions De Fallois.