À l'Otan, la Belgique continue de plaider pour une double approche envers la Russie

La Belgique a continué mardi de militer pour le maintien d'une "double approche" envers la Russie, alliant dissuasion et dialogue, lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Otan à Riga.

À l'Otan, la Belgique continue de plaider pour une double approche envers la Russie
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Bruxelles estime qu'un dialogue politique avec Moscou reste incontournable pour faire la clarté sur les intentions russes et appeler à la désescalade dans la région, a souligné par communiqué la ministre belge des Affaires étrangères, Sophie Wilmès. Cette consultation politique entre alliés de l'Otan est indispensable au regard du déploiement récent des forces russes à proximité des frontières de membres de l'Alliance, selon la vice-première ministre MR, mais aussi au vu de la situation au Bélarus, où le président Alexandre Loukachenko instrumentalise la migration en réponse aux sanctions européennes prises contre le régime après la répression en 2020 d'un mouvement d'opposition.

La première journée de consultations a été également consacrée à la mise à jour du "Concept stratégique de l'Otan", un document officiel qui décrit la nature et l'objectif de l'Otan, ainsi que ses tâches de sécurité fondamentales. La précédente feuille de route date de 2010. Une note-cadre a été soumise par le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, et servira de point de départ avec, comme échéance, le sommet de Madrid en juin 2022.

Pour la Belgique, il est important de garder les grandes lignes du "Concept stratégique" de 2010, notamment en conservant les tâches principales de l'Alliance - comme la défense de la zone euro-atlantique. Mais une actualisation doit être faite pour mieux prendre en considération les nouvelles menaces et défis tels que la montée en puissance de la Chine, le changement climatique et l'émergence des nouvelles technologies. "Lors des discussions, j'ai l'intention de souligner l'importance d'une Europe de la Défense forte, de pleine capacité. Nous sommes convaincus que, lorsqu'un élément de l'Alliance se renforce, c'est au bénéfice de tous les Alliés. Le soutien à la construction de cette Europe de la Défense doit être acté dans le 'Concept stratégique'. Au-delà de ça, il va sans dire qu'on a tout à gagner au renforcement des collaborations entre l'UE et l'Otan sur des aspects opérationnels", a ajouté la ministre belge des Affaires étrangères.

Les questions de la maîtrise des armements, du désarmement et de la non-prolifération a aussi été abordée mardi. Dans ces domaines, la Belgique estime que l'Otan a tout son rôle à jouer dans la poursuite de ces objectifs. Par ailleurs, Bruxelles accueille favorablement les consultations internes à l'Otan sur ces sujets, a encore indiqué la ministre des Affaires étrangères.

En outre, les ministres ont l'intention aussi de revenir mercredi, rétrospectivement, sur le retrait des troupes en Afghanistan afin d'en tirer les leçons pour le futur.

"Les membres de l'Otan sont unis. Nous conservons notre défense et notre capacité de dissuasion, mais le dialogue doit également rester ouvert", a expliqué mardi soir, Sophie Wilmès à propos de la situation aux frontières de l'Ukraine et de la Géorgie, où une concentration inhabituelle de soldats russes a été enregistrée ces dernières semaines.

Sur le Bélarus, la Belgique a rappelé son plein soutien aux pays européens en première ligne, comme la Pologne, "en condamnant une fois de plus fermement l'attitude insupportable et criminelle du régime de Loukachenko". La vice-première ministre s'est félicitée de la réactivité de l'Union européenne, qui a notamment décidé de nouvelles sanctions. "Cet épisode plaide en faveur du renforcement des consultations et de la collaboration entre l'UE et l'Otan", a-t-elle commenté.

En marge des réunions de travail de l'Otan, la vice-première ministre a rencontré deux homologues en format bilatéral: la ministre des Affaires étrangères du Canada, Mélanie Joly, et la ministre des Affaires étrangères de l'Islande, Þórdís Kolbrún R. Gylfadóttir. Lors de ces entretiens, Mme Wilmès a pu constater la vision partagée entre la Belgique, le Canada et l'Islande sur l'importance du multilatéralisme. En tant que ministre en charge du Commerce extérieur, Sophie Wilmès précise avoir également eu l'opportunité d'aborder les questions socio-économiques au regard de la relance post-Covid ainsi que "l'excellence de nos entreprises dans plusieurs domaines tels que l'énergie".

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