La vidéo de candidature d'Eric Zemmour enfreint-elle la loi?

Sa campagne à peine lancée, Éric Zemmour se heurte à un premier problème.

La vidéo de candidature d'Eric Zemmour enfreint-elle la loi?
©AFP
La Rédaction (avec AFP)

Éric Zemmour a fait le choix d'annoncer sa candidature dans une vidéo publiée ce mardi midi sur Youtube. Truffée de références au général de Gaulle et à l'extrême droite, la vidéo utilise de nombreuses images issues de l'actualité et de films. Mais l'équipe de communication du polémiste français, condamné pour provocation à la haine raciale et accusé d'agressions sexuelles et désormais candidat à la présidentielle 2022, aurait fait l'impasse sur quelque chose d'important.

Selon les informations du média français LesJours, BFMTV et LCI auraient arrêté de diffuser la vidéo. "Plusieurs extraits ont été utilisés sans l'accord des auteurs: c'est le cas du film Jeanne d'Arc (Gaumont). Ou d'images du journaliste Clement Lanot. Les deux envisagent des poursuites", explique le média sur Twitter.

Christophe Beaugrand, journaliste sur la chaîne LCI, a dénoncé "l'ahurissant amateurisme" de l'équipe de campagne, en confirmant l'information sur Twitter.

Contactée par L'Obs, l'équipe de campagne d'Eric Zemmour assure quant à elle que "tout a été réglé et est en cours de règlement pour les images ajoutées récemment". "On fait les choses comme il faut. Idem pour les droits de la musique. Forfait payé", a déclaré l'équipe de campagne.

En France, cette infraction relève de la violation des droits d’auteur et est constitutive du délit de contrefaçon. Les faits sont donc passibles d’une amende pouvant atteindre 300.000 euros, ainsi que d’une peine d’emprisonnement allant jusqu'à 3 ans.

Les médias réagissent

La chaîne de télévision d'information internationale France 24, a indiqué "s'opposer par principe à l'utilisation de ses images et de son logo dans tout clip de campagne politique". "En conséquence, la chaîne va demander le retrait immédiat de ces images dans ce clip et étudiera les recours légaux s'il n'est pas donné suite à sa demande", a ajouté le média qui propose quatre chaînes mondiales d'information continue (en français, en anglais, en arabe et en espagnol), et appartient au groupe France Médias Monde.

Position également ferme du distributeur de cinéma Gaumont qui dit n'avoir reçu "aucune demande" de la part des équipes d'Éric Zemmour pour l'utilisation des images des films "Un Singe en hiver" et "Jeanne d'Arc" dont la société détient les droits. "Nous allons étudier toutes les options qui s'ouvrent à nous", a ajouté un porte-parole. Un communiqué a ensuite été posté sur Instagram par Gaumont, qui "se réserve le droit d'engager des poursuites".

De leur côté, France Télévisions, l'Ina et Radio France ont déclaré conjointement: "il conviendra que Éric Zemmour s'acquitte des droits des images reprises comme tout le monde". Les trois médias publics ont précisé que personne ne leur avait demandé d'autorisation de leurs images.

Un porte-parole de la chaîne Public Sénat a quant à elle remarqué qu'il y avait "cinq secondes d'images avec le logo de Public Sénat, qui n'étaient par leur propriété puisqu'elles appartenaient à En Marche". "Nous allons faire injonction à l'équipe du candidat Zemmour de retirer notre logo", a-t-il précisé à l'AFP.

Une stratégie ?

Si sur les réseaux sociaux nombreux sont ceux qui dénoncent l'amateurisme apparent de l'équipe de campagne, certains internautes s'interrogent et pointent plutôt une manœuvre stratégique de la part du candidat. Selon eux, si sa vidéo est supprimée en raison des réclamations de droits d'auteur, Eric Zemmour pourrait "crier à la censure".

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