Les candidats LR à la présidentielle vent debout contre la candidature d'Eric Zemmour

Les candidats à l'investiture LR pour la présidentielle ont critiqué mardi, lors de leur dernier débat télévisé sur France 2, la "fébrilité" et le manque de "stature" d'Eric Zemmour, qui vient de se lancer dans la course pour 2022.

AFP
Les candidats LR à la présidentielle vent debout contre la candidature d'Eric Zemmour
©AFP

Il y a "une certaine fébrilité à se déclarer ce soir, car la droite est de retour", a assuré Valérie Pécresse, qui a critiqué un "homme de provocations".

"Il faut du sérieux, de la dignité, du respect", a affirmé Michel Barnier, tandis que Philippe Juvin estimait qu'Eric Zemmour "blesse les Français".

Pour Xavier Bertrand le candidat d'extrême droite "n'a pas la stature pour rassembler les Français". "Je ne laisserai personne être jugé sur sa couleur de peau, sa religion ou son prénom", a-t-il ajouté.

Eric Ciotti a lui reconnu "des constats que partagent beaucoup de Français". Mais "il manque dans le clip une espérance" et "la responsabilité de la droite républicaine est d'apporter des réponses à ces peurs", a ajouté le député des Alpes-maritimes, qui a déjà dit sa préférence pour Eric Zemmour dans le cas d'un deuxième tour face à Emmanuel Macron.

Interrogés en début d'émission sur un personnage ou lieu symbolique à leurs yeux, Valérie Pécresse avait choisi Jeanne d'Arc "qui incarne une France debout", et Xavier Bertrand Colombey-les-deux-Eglises, pour "le rassemblement et l'espoir" que le village du Général de Gaulle symbolise.

Michel Barnier a choisi le Mont-Saint-Michel, "symbole du génie de la France de nos racines chrétiennes", Eric Ciotti son village de Saint-Martin-Vésubie "inscrit comme Juste parmi les nations" et Philippe Juvin ses deux grands pères, symboles de l'"ascenseur social" par l'école.

Commencé par une carte postale symbolique, ce débat, le dernier avant le congrès qui désignera le candidat de LR à la présidentielle, s'est poursuivi sur des thématiques moins abordées depuis le début de campagne: écologie, santé ou pouvoir d'achat.

Sur les institutions, Xavier Bertrand et Michel Barnier se sont dits pour un quinquennat unique quand les autres en souhaitent deux.

"Il y a peut être des différences entre nous mais rien n'est insurmontable", a affirmé Michel Barnier, qui a plusieurs fois critiqué les propositions de Valérie Pécresse, sur le pouvoir d'achat qu'il a comparées à celles de François Hollande, ou sur son "comité de la hache" contre la bureaucratie.

Sur l'économie l'ancien négociateur pour le Brexit a souhaité "réinvestir dans les entreprises stratégiques" via un fonds souverain, tandis que Xavier Bertrand, seul à défendre la retraite à 64 ans (les autres veulent 65 ans), a repris la formule de "travailler plus pour gagner plus" de Nicolas Sarkozy. Eric Ciotti a répété son projet de supprimer les droits de succession.

Les candidats ont aussi égrainé leurs propositions sur la santé et la famille: "grande politique familiale" pour Michel Barnier, aide au logement pour les soignants en zone tendue pour Xavier Bertrand, recrutement de 25.000 soignants supplémentaires pour Valérie Pécresse, obligation de passer un an dans les déserts médicaux pour Philippe Juvin...