"J’ai cru qu’un de mes amis allait y passer" : une militante SOS Racisme présente au meeting d'Eric Zemmour raconte

Des militants de l'association SOS Racisme ont été agressés lors du premier meeting de campagne d'Eric Zemmour.

Dora, une militante SOS Racisme présente ce jour-là, a témoigné auprès de nos confrères de Libération. Elle revient sur le début de l'action, visant à exhiber des t-shirts portant l'inscription "Non au racisme!". "On s'était préparés à essayer de tenir, pour faire entendre notre voix le plus possible. Et puis on le fait, ça dure deux minutes… Et on se fait rétamer", explique la militante, qui a été prise pour cible par un homme. "Je suis affolée. Je me protège sans voir ce qu'il se passe. Dans la cohue, je ne me rends pas compte que quelqu'un me vise personnellement". La jeune femme réussit malgré tout à se protéger et un homme arrive à l'écarter de la bagarre.

"J'essaie alors de retrouver mes amis. Je vois l'un d'eux, traîné par deux gros bras. Je le suis, et derrière nous, on entend des trucs hypers haineux… On a l'impression qu'on va mourir", se remémore la jeune femme. "Je suis complètement paniquée. On ne sait pas quoi faire. Le temps qu'on retrouve tout le monde, le meeting se termine. Un flot de militants de Zemmour sort. On a peur de se refaire attaquer", confie-t-elle.

La militante va porter plainte, mais explique qu'elle ne s'attendait pas à autant de violence de la part des soutiens d'Eric Zemmour. "On s'attendait à se faire huer énormément, voire un peu molester, ou à se faire sortir de façon musclée par la sécurité. Mais on ne s'attendait pas à ce que des mecs se jettent sur nous avec cette violence… J'ai cru qu'un de mes amis allait y passer", explique-t-elle. "Voilà le genre de personnes que Zemmour ramène à ses meetings et remercie ensuite", conclut-elle.

"Nous sommes des adeptes de la non-violence"

"Nous n'imaginions pas que cela pouvait déraper à ce point", a déclaré Dominique Sopo, président de SOS Racisme, au micro de franceinfo ce lundi. Dominique Sopo est revenu sur les débordements et la violence inouïe dont les militants pro-Zemmour ont fait preuve ce dimanche. Selon lui, il faut être "soit ivre de racisme, soit dans une forme de certitude de toute-puissance pour pouvoir faire un acte pareil devant des caméras".

Le président de SOS Racisme a assuré que l'association allait accompagner les militants afin que ceux-ci déposent plainte. "Par ailleurs, cette scène de violence se déroule sous les caméras. Donc, il n'y a aucun doute sur la nature de la scène", explique-t-il, mentionnant que les militants n'étaient quant à eux pas dans une démarche violente. "Nous sommes des adeptes de la non-violence, comme tout le monde le sait", a-t-il rappelé.

Zemmour "condamne" les violences, mais...

Interrogé au sujet de ces violences, Eric Zemmour a affirmé que les militants n'avaient rien à faire là. Le candidat a toutefois condamné les violences, même si selon lui, "il y a des gens qui viennent pour faire de la provocation". "Ils savent très bien qu'ils vont énerver les gens qui sont là, et ils le font pour ça. Pour que les médias disent 'ouh là là ils sont méchants, les autres sont violents'", a-t-il expliqué sur BFMTV et RMC.

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