La Croatie franchit une étape clé vers une entrée dans Schengen

La Croatie, membre de l'Union européenne depuis 2013, a franchi une étape clé vers l'entrée dans l'espace Schengen avec un accord jeudi au Conseil, institution représentant les Etats membres.

La Croatie franchit une étape clé vers une entrée dans Schengen
©AFP

Dans un communiqué, le Conseil a déclaré avoir conclu que la Croatie avait "rempli les conditions nécessaires à l'application de toutes les parties de l'acquis de Schengen". Pour que ce pays rejoigne les 26 autres membres de l'espace Schengen, le Conseil devra encore décider à l'unanimité d'"autoriser la levée des contrôles aux frontières intérieures".

Le ministre slovène de l'Intérieur, Ales Hojs, dont le pays exerce la présidence semestrielle de l'UE, s'est réjoui de cette "première étape".

Elle "bénéficiera en particulier aux citoyens de la Slovénie et de la Croatie car la frontière entre nos deux pays cessera d'exister", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

En octobre 2019, la Commission avait estimé que la Croatie avait pris les mesures nécessaires pour rejoindre Schengen, en faisant le bilan d'évaluations menées depuis 2016.

Contrôles aux frontières en principe abolis

L'espace Schengen, l'un des acquis les plus concrets de l'Union européenne, est une zone dans laquelle il est possible de circuler sans passeport et où les contrôles aux frontières ont en principe été abolis. Il regroupe 26 pays, dont 22 membres de l'UE et quatre États associés: Norvège, Islande, Suisse et Liechtenstein.

Outre la Croatie, les autres membres de l'UE qui n'en font pas partie sont la Bulgarie, la Roumanie, Chypre et l'Irlande.

L'effacement des frontières intérieures a eu pour corollaire un renforcement des frontières extérieures de l'espace Schengen: les Etats membres se trouvant à ses confins ont ainsi la responsabilité d'organiser des contrôles rigoureux à ces frontières et de délivrer le cas échéant des visas de court séjour aux personnes s'y introduisant.

L'appartenance à Schengen implique aussi une coopération policière entre tous les membres pour lutter contre la criminalité organisée ou le terrorisme, avec notamment un partage de données, comme le système d'information Schengen (SIS).

Même si les frontières intérieures ne devraient plus exister que sur le papier dans l'espace Schengen, de nombreux Etats membres ont rétabli des contrôles pour des motifs de lutte antiterroriste ou récemment en raison de la pandémie de coronavirus.