Boris Johnson accusé de mensonges par son ancien chef de cabinet: "Je lui ai dit de cesser cette folie"

Depuis quelques semaines, les révélations se succèdent et plongent le Premier ministre britannique dans la pire crise qu'il ait connue depuis son arrivée au pouvoir.

La Rédaction avec AFP

Depuis quelques semaines, Boris Johnson est au coeur de vives polémiques. Les révélations se succèdent et indiquent que différentes fêtes ont été organisées en plein confinement dans les bureaux du Premier ministre, au 10 Downing Street. Les dernières informations datent de ce samedi, et le journal britannique The Mirror affirme que chaque vendredi, les employés achevaient leur semaine de travail en partageant des verres de vin. Une "tradition de longue date" qui a perduré malgré l'introduction de restrictions liées au Covid et interdisant ce type de rencontres.

Mercredi dernier, Boris Johnson avait présenté ses excuses au Parlement pour sa présence à l'une de ces fêtes en mai 2020, affirmant qu'il avait pensé qu'il s'agissait d'une réunion de travail. Cette explication n'a pas convaincu et le conservateur de 57 ans est ouvertement critiqué dans sa majorité et certains membres de l'opposition appellent à sa démission. Ce mardi, son ancien chef de cabinet, Dominic Cummings, enfonce encore un peu le clou en accusant le Premier ministre de mentir quand il prétend ne pas avoir réalisé le 20 mai 2020 qu'il s'agissait d'un rassemblement social.

Dans une publication sur son blog, Dominic Cummings dit ainsi avoir réagi au mail d'invitation du secrétaire particulier de Boris Johnson, Martin Reynolds, envoyé à plus de 100 membres du personnel, en lui signalant que cela enfreignait la loi. Une mise en garde à laquelle le secrétaire aurait répondu en disant : "Tant que la distanciation sociale est respectée, je pense que ça va. Je vais vérifier si le Premier ministre est d'accord de poursuivre." L'ancien proche conseiller de Boris Johnson affirme également avoir posé la question au Premier ministre lui-même par la suite. "Je lui ai dit quelque chose comme: 'Martin a invité tout le bâtiment à boire verre, tu dois faire cesser cette folie'". Une remarque qu'il aurait écarté, selon son détracteur.

Deux autres anciens responsables de Downing Street ont déclaré à la BBC qu'ils se souvenaient que M. Cummings leur avait dit ce jour-là qu'il avait averti le Premier ministre avant que le rassemblement n'ait lieu dans le jardin. Dominic Raab, chef de la diplomatie du gouvernement de Boris Johnson, a défendu auprès de la BBC que ce témoignage n'était pas vrai et a souligné la bonne foi du chef de gouvernement qui s'est "excusé devant la Chambre des communes pour certaines des pratiques qui se sont déroulées à Downing Street".

Johnson dément avoir menti

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a nié mardi avoir été prévenu qu'une fête contraire aux règles anti-Covid serait organisée à Downing Street en mai 2020, comme l'en a accusé son ancien conseiller Dominic Cummings.

Un porte-parole du chef de gouvernement a démenti les accusations. "Il est faux de dire que le Premier ministre avait été prévenu à l'avance à propos de cet événement", a-t-il rétorqué. Il croyait "implicitement" qu'il s'agissait d'une réunion de travail, a-t-il ajouté, renvoyant aux conclusions à venir d'une enquête interne menée par une haute fonctionnaire, Sue Gray.

Sous pression, Boris Johnson a vu les appels à la démission se multiplier jusque dans son camp conservateur. Downing Street s'était aussi excusé auprès de la reine Elizabeth II pour deux fêtes organisées en avril 2021 à la veille des funérailles de son époux, le prince Philip.

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