Moscou, déçu par la réponse américaine, reçoit le soutien de Pékin

La déception russe est palpable.

Moscou, déçu par la réponse américaine, reçoit le soutien de Pékin
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S.Vt. (avec AFP)

"On ne peut pas dire que nos points de vue aient été pris en compte, ou qu'il y ait une volonté de prendre en considération nos préoccupations." Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, n'a pas cherché à cacher la déception russe, jeudi, au lendemain de la réponse des États-Unis et de l'Otan aux exigences formulées par Moscou. Leurs demandes étant irréalistes depuis le début, il était cependant difficile d'imaginer autre scénario.

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a rejeté, mercredi soir, la demande russe de stopper la politique d'élargissement de l'Otan et de retirer les troupes alliées des États membres d'Europe centrale et orientale. Le droit pour chaque pays de choisir ses alliances reste un "principe de base" auquel Washington refuse de déroger. Son homologue Sergueï Lavrov n'a, dès lors, pu que constater l'absence de "réponse positive à la question principale" soulevée par son pays. "Nous n'allons pas faire traîner notre réaction", a fait savoir Dmitri Peskov, mais ne nous attendons pas à ce que cette réaction arrive là, maintenant."

La porte reste cependant ouverte au dialogue, car la réponse américaine, malgré tout, "permet d'espérer le début d'une conversation sérieuse sur des questions secondaires", a estimé Sergueï Lavrov. Antony Blinken pense en effet avoir proposé une "voie diplomatique sérieuse" à Moscou, afin de faire retomber la fièvre ; elle passe entre autres par de nouvelles discussions sur le contrôle des armements. "À la Russie de voir ce qu'elle répond", a-t-il déclaré. "Même si nous sommes engagés dans la voie diplomatique, nous sommes prêts dans le cas où la Russie choisirait l'autre voie", celle de la confrontation militaire toujours redoutée.

Dans sa volonté de redessiner l'architecture de sécurité européenne, Moscou peut compter sur un nouveau soutien, celui de la Chine. Il a été exprimé par le chef de la diplomatie Wang Yi lors d'un entretien téléphonique avec Antony Blinken ce jeudi. "Les préoccupations raisonnables de la Russie en matière de sécurité doivent être prises au sérieux et recevoir une solution."

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