"Nous avons aujourd’hui la guerre en Europe" : l'Otan active ses plans de défense collective

L'Otan veut éviter un débordement du conflit ukrainien dans le voisinage immédiat.

"Nous avons aujourd'hui la guerre en Europe, d'une dimension et d'un genre que nous pensions appartenir à l'Histoire" : Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l'Otan, était tendu jeudi en annonçant l'activation des plans de défense collective de l'Alliance par le général Tod Wolters. L'Otan assure la défense de ses trente alliés mais n'a "pas de plan" pour intervenir en Ukraine, a-t-il réitéré. Ce que l'Otan veut éviter, c'est un débordement du conflit dans le voisinage immédiat, des pays baltes jusqu'à la Roumanie.

"Nous savons tous que l'Otan ne se battra pas pour l'Ukraine. Mais ne pensez-vous pas qu'il faut bâtir une coalition contre Poutine ?", lui a demandé une journaliste, très émue, d'Interfax Ukraine. Jens Stoltenberg n'a pas vraiment répondu.

Depuis des semaines, parfaitement au courant des intentions russes, les militaires de l'Otan ont déployé des "milliers" de soldats au sein de brigades multinationales en Pologne et dans les pays baltes. D'autres sont prêts à être déployés "dans les prochains jours et semaines", une centaine d'avions sont "en haute alerte" tandis que 120 navires alliés patrouillent "de la mer du Nord jusqu'à la Méditerranée".

L'Otan dispose d'une Force de réaction (NRF) d'environ 40 000 soldats et d'une composante plus rapide encore de 8000 hommes (VJTF).

L'Otan a activé l'article 4 du Traité de Washington qui permet à ses alliés de convoquer l'alliance quand ils se sentent menacés., notamment en Roumanie où dans la Moldavie voisine l'armée russe a entamé des "exercices" dans la région séparatiste de la Transnistrie.

Stoltenberg a convoqué pour ce vendredi par visioconférence un sommet des chefs d'État et de gouvernement de l'Otan. Il a laissé entendre qu'ils pourraient évoquer la lourde menace du président russe adressée dans la nuit à tout pays qui interférerait dans ce conflit de "conséquences que vous n'avez encore jamais connues".

La situation ce jeudi 24/02 à 17h
La situation ce jeudi 24/02 à 17h ©IPM

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