Les étudiants internationaux présents en Ukraine terrifiés: "Je n'imaginais pas qu'il y aurait une guerre ici"

Des étudiants étrangers présents en Ukraine témoignent.

Les étudiants internationaux présents en Ukraine terrifiés: "Je n'imaginais pas qu'il y aurait une guerre ici"
©afp

Actuellement, 76.500 étudiants étrangers sont coincés en Ukraine, selon les statistiques du ministère ukrainien de l'éducation. La majorité d'entre eux viennent d'Inde. Mais d'autres pays comme le Maroc, le Turkménistan, le Nigéria, la Chine, la Turquie ou l'Egypte y ont envoyé pas mal d'étudiants. Aux premières loges lors de l'invasion de l'Ukraine, ces jeunes témoignent.

"J'ai été blessé ce jeudi matin à cause des bombardements", confie Zhiar, un étudiant kurde en médecine, à InfoMigrants. "J'étais dans mon appartement à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, où je vis avec ma soeur et mon cousin. J'ai entendu du bruit dehors alors je suis sorti sur le balcon pour voir ce qu'il se passait et j'ai été blessé à la jambe par un bombardement." Etant donné que tous les hôpitaux sont bondés, il n'a pas pu se faire soigner.

Izi, un étudiant congolais en management se trouvait à Kiev au moment des bombardements. "Personne n'est en sécurité ici", poursuit-il au journal. "Je devais quitter la RDC car j'étais menacé par l'ancien président. J'ai voulu venir faire mes études ici parce que je voulais venir en Europe, et l'Ukraine, c'était le moins cher. Je n'imaginais pas qu'il y aurait une guerre ici. C'est stressant d'être loin de sa famille. "

"Nous pensions tous que l'Ukraine était un pays sûr, celui de la joie et de la culture. Nous sommes sous le choc", acquiesce Walid, un étudiant libanais interrogé par L'Orient-Le Jour. "Mercredi, tout était normal. Jeudi, les supermarchés et les pharmacies ont été pris d'assaut. Tout le monde se prépare même si nous n'avons aucune idée de ce qu'il peut arriver." En tant que figure bien connue des étudiants libanais en Ukraine, Walid est régulièrement contacté par des étudiants établis dans des lieux isolés. "Nous essayons de les faire venir dans les villes", explique-t-il. Lui-même a quitté le Liban il y a 5 ans en raison de la situation au pays. "Mais si la situation s'aggrave en Ukraine, je n'aurai pas d'autre choix que de rentrer."

Fuir est pour l'instant très compliqué

Comme d'autres jeunes, Jessica, étudiante nigériane à l'université de Ternopil, explique à la BBC être effrayée par ce qu'elle voit. "J'ai été réveillée par une étudiante qui était hystérique et pleurait. Elle m'a appelée pour me dire qu'il y avait eu une invasion de l'armée russe à Kiev. (...) C'était effrayant car vous voyez littéralement les gens monter dans leurs voitures et emballer leurs affaires." L'étudiante en médecine explique avoir "vraiment envie de partir". "Mais je suis face à un dilemme. Je veux obtenir mon diplôme, je suis ici depuis 7 ans. J'ai peur de tout devoir recommencer. Je veux obtenir mon diplôme. Si je suis évacuée, qu'adviendra-t-il de mes études ?" Elle avoue avoir tout de même préparé un sac d'urgence, "au cas où".

D'autres étudiants, eux, veulent partir coûte que coûte, mais l'espace aérien fermé rend les choses très compliquées. Emmanuel, étudiant à l'Université nationale aérospatiale d'Ukraine, dit "avoir peur" mais est pour l'instant coincé sur place. "Je panique, mais je ne peux pas quitter le pays car l'espace aérien est fermé". S'il précise que son école dispose d'un bunker où il peut se cacher, il ne peut pas s'y rendre pour le moment car la Russie commence à attaquer de ce côté-là.

George Samuel Woedey, un autre étudiant nigérian interrogé par la BBC, compte bien quitter le pays par voie terrestre. Avec d'autres étudiants, il envisage de passer par la Pologne, puis se rendre à Dubaï. Les ambassades ont toutefois demandé à leurs ressortissants de rester chez eux et de pas sortir, en attendant de pouvoir les évacuer dès que la situation le permettra.