Erdogan demande des comptes à l'UE: "Vous mettrez la Turquie à votre ordre du jour quand il y aura une guerre contre elle?"

Le président turc Recep Tayip Erdogan a demandé mardi à l'Union européenne de traiter son pays, la Turquie, comme elle le fait de l'Ukraine, sans attendre qu'elle soit "frappée par une guerre".

Erdogan demande des comptes à l'UE: "Vous mettrez la Turquie à votre ordre du jour quand il y aura une guerre contre elle?"
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"Montrez à la Turquie la même sensibilité que celle que vous témoignez à l'Ukraine", a suggéré le chef de l'État au cours d'une conférence de presse au côté de la présidente du Kosovo, Vjosa Osmani.

Évoquant la situation de l'Ukraine et la demande d'adhésion de Kiev à l'UE, le président Erdogan a remarqué : "On applaudit (le président ukrainien Volodymyr) Zelensky au parlement européen : c'est très bien. Il fallait donc une catastrophe pour cela... Mais la Turquie n'attendra pas une catastrophe".

"Nous apprécions les efforts pour faire entrer l'Ukraine dans l'UE. Mais je le dis aux membres de l'UE : je me demande ce qui vous inquiète encore avant d'intégrer la Turquie dans l'UE".

Rappelant que son pays est déjà membre de l'Otan, il a également demandé : "Pourquoi vous ne donnez pas l'équipement militaire nécessaire à la Turquie ?". "Vous mettrez la Turquie à votre ordre du jour quand il y aura une guerre contre elle ?".

La Turquie est candidate à l'adhésion à l'UE depuis 1987. Après des années de brouille, de nombreux différends sur la Méditerranée orientale en particulier et une attitude jugée agressive envers la Grèce et Chypre, le chef de l'État turc tente depuis plusieurs mois de relancer les relations avec les partenaires européens.

Dans la guerre qui oppose la Russie à l'Ukraine, M. Erdogan, allié de Kiev tout en ménageant ses relations avec Moscou, a reproché la semaine dernière à l'UE et à l'Otan leur "manque d'action décisive". Il se tient néanmoins dans le camp des "alliés" occidentaux et a jugé "inacceptable" l'invasion de l'Ukraine par les troupes russes. Il a d'ailleurs lancé un nouvel appel au cessez-le feu mardi soir pendant sa conférence de presse.