Ukraine: les couloirs humanitaires se font attendre

Le résumé des événements de ce lundi 7 mars dans le conflit ukrainien.

S.Vt. (avec AFP et Belga)
Ukraine: les couloirs humanitaires se font attendre
©AFP

Alors que les forces russes assiégeaient le port de Marioupol et que les bombardements frappaient Kharkiv et Kiev lundi, la Russie a une nouvelle fois mis en garde les Occidentaux contre les livraisons d'armes et d'avions de combat à l'Ukraine. Elles provoqueraient une "évolution catastrophique de la situation non seulement en Ukraine, mais aussi dans les pays de l'Otan", a menacé la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

La question de l'envoi d'avions de combat se pose avec d'autant plus d'acuité que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé les Occidentaux à lui en livrer. "Si vous ne nous donnez pas au moins des avions pour que nous puissions nous protéger, on ne peut en tirer qu'une conclusion : vous aussi vous voulez qu'on nous tue lentement !", leur a-t-il lancé dimanche. Mais les Occidentaux marchent sur des œufs. Car il s'agit pour eux de fournir des avions de chasse sans être accusés de prendre part au conflit. Comme l'a déclaré le président français Emmanuel Macron, il faut "faire stopper cette guerre sans devenir nous-mêmes des belligérants". Aussi la Pologne et les autres pays disposant de ces avions soviétiques que savent piloter les Ukrainiens restent-ils dans la retenue. Être assimilés par les Russes à des belligérants ferait entrer cette guerre dans une nouvelle dimension.

Vulnérables sur le chemin de l’exil

Sur le terrain, les tentatives d'évacuer les civils ont échoué à plusieurs reprises. L'armée russe avait annoncé l'ouverture de plusieurs couloirs, mais la moitié rejoignaient la Russie ou la Biélorussie, ce qui n'est évidemment "pas une option acceptable" pour l'Ukraine. Le Conseil de l'Europe, dont sont membres les deux pays en guerre, a réclamé lundi la mise en place de "couloirs humanitaires viables", "essentiels pour permettre le passage en toute sécurité de milliers de personnes déplacées fuyant la mort et la destruction", a rappelé la secrétaire générale Marija Pejcinovic Buric.

Selon le Haut commissariat de l'Onu pour les réfugiés, près de 1,7 million d'Ukrainiens ont déjà fui leur pays depuis le début de l'offensive et des millions d'autres pourraient suivre dans les prochains jours. "À moins qu'il n'y ait une fin immédiate à ce conflit insensé", a tweeté l'agence de l'Onu. Mais si des négociations entre les deux parties ont bien repris lundi en fin de journée, en Biélorussie, et mené à de "petits progrès" sur la question des couloirs, selon un négociateur ukrainien, elles restent à des années-lumière de la conclusion d'un accord.

Aussi Marija Pejcinovic Buric a-t-elle attiré l'attention sur les dangers courus par les femmes sur le chemin de l'exil. "Alors qu'elles tentent d'échapper aux conflits, [elles] deviennent encore plus vulnérables, menacées par la violence, les agressions sexuelles et le viol." Son avertissement résonne jusqu'en Belgique où le fondateur d'une aile flamande de soutien à la cause ukrainienne sur Facebook, "Steun Oekraïne", s'est inquiété d'avoir reçu des propositions tendancieuses d'hommes qui se disent enthousiasmés par l'idée d'accueillir des femmes réfugiées…