Des étudiants toujours bloqués en Ukraine témoignent: "On est démoralisés"

Des étudiants bloqué dans la ville de Soumy, au nord-est du pays, veulent de l'aide pour fuir le pays.

J.F.
Des étudiants toujours bloqués en Ukraine témoignent: "On est démoralisés"
©afp

Malgré leurs tentatives de quitter l'Ukraine, des milliers d'étudiants étrangers sont toujours bloqués dans le pays. C'est le cas de Vipin Yadav, un étudiant indien interviewé par la BBC. Il fait partie d'un groupe d'une centaine d'étrangers coincés dans la ville de Soumy (nord-est), cible des bombardements russes.

"Il n'y a rien à manger depuis quatre ou cinq jours", explique-t-il à la BBC. "Les distributeurs de billets de banque ne fonctionnent pas et les étudiants boivent de la neige fondue après avoir manqué d'eau", poursuit-il. L'eau a en effet été coupée pendant trois jours suite à une frappe, ce qui a poussé les habitants à faire fondre de la neige pour boire, cuisiner et se laver.

A Soumy, il y a, selon lui, 1300 étudiants toujours bloqués dans leur résidence. Parmi eux, des jeunes originaires d'Inde, du Nigéria, du Pakistan ou encore de Turquie.

"Nous voulons rentrer chez nous"

Dans une déclaration au Guardian, Renish Joseph, originaire d'Inde, a indiqué être bloqué dans une auberge de Soumy avec sa femme et leur bébé de deux mois. Dans cette auberge sont présents bon nombre d'étudiants. "Ces jeunes n'ont parfois que 17-18 ans. Ils sont confrontés à cette situation pour la première fois. Cette guerre survient après deux ans de Covid donc, physiquement et mentalement, certains sont très déprimés et fatigués." "Chaque jour, ils espèrent qu'ils vont être évacués, mais plus ça traîne, plus ils sont déprimés." Selon lui, certains jeunes commencent à souffrir de graves problèmes psychologiques.

"Nous sommes vraiment démoralisés, tout le monde veut rentrer chez lui", a déclaré Precious Ogunbayo, un étudiant en médecine de 21 ans originaire du Nigeria, à Al Jazeera. "Nous continuons à demander de l'aide, mais elle ne vient pas."

Les pays effectuent des missions de rapatriement mais celles-ci sont très compliquées, voire impossibles à certains endroits. Le gouvernement indien a par exemple prévu un plan d'évacuation de Soumy via la ville de Poltava, à 177km au sud, mais il est pour l'instant "trop dangereux" à mettre en oeuvre.

"Les chauffeurs de taxi ou de bus facturent jusqu'à 400 dollars par personne quand ils circulaient encore. Il faudrait avoir de la chance pour trouver un chauffeur qui connait le chemin et est prêt à risquer sa vie", déplore l'étudiant. Ceux qui disposent de leur propre voiture ont bien tenté de s'enfuir, mais certains sont revenus car les environs étaient trop dangereux. Quelques étudiants ont toutefois eu la chance de trouver un chauffeur, en y mettant le prix. Selon The Guardian, jeudi dernier, Oluwaseun Adefemi, un étudiant en médecine nigérian n'a pas hésité à payer 1500 euros à un chauffeur pour s'enfuir. "Je ne savais pas quoi faire mais je savais que je devais partir", a-t-il expliqué. "La route principale vers la ville avait été bombardée, la gare avait été bombardée. Mais nous avons finalement entendu dire qu'il y avait un autre itinéraire à travers les forêts." Après un périlleux voyage au plus près des combats, l'étudiant a fini par atteindre cette ville et à se diriger vers la Hongrie, d'où il a pu s'enfuir.

La Russie a promis un cessez-le-feu ce 8 mars à 7h GMT afin de permettre aux civils de quitter Soumy, mais aussi Kharkiv, Tcherniguiv et Marioupol.